Osons le terme : le Rocky Horror Picture Show est la meilleure comédie musicale érotique de science-fiction de tous les temps. Certes, le film de Jim Sharman concourt à peu près seul dans sa catégorie. Il n’empêche. Et les quarante ans du RHPS lui valent bien une petite rétrospective.

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It was great when it all began

Le titre l’indique bien : Rocky Horror Picture Show est la version filmée d’une comédie musicale : le Rocky Horror Show. Celle-ci a été imaginée par Richard O’Brien lors de soirées de désœuvrement.

Quelques mots sur O’Brien. Né en 1942 à Cheltenham, Richard O’Brien (Richard Timothy Smith de son vrai nom) passe son adolescence dans la campagne de Nouvelle-Zélande. De retour en Angleterre en plein cœur des Swinging Sixties, il met à profit ses compétences en équitation comme cascadeur dans une poignée de films (Casino Royale, 1967, notamment) : s’y éveille là son intérêt pour le cinéma. O’Brien suit bientôt des cours de théâtre et participe notamment à Hair et Jesus Christ Superstar. C’est dans un moment d’inactivité entre deux pièces, qu’il écrit les paroles du Rocky Horror Show (qui ne s’appelait pas encore ainsi), où transparaît son intérêt, passionné et ironique, pour le rock’n’roll, la SF et les vieux films d’horreur de série B des décennies précédentes.

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O’Brien rencontre le réalisateur Jim Sharman en mai 1972, lors de la production australienne du musical Jesus Christ Superstar, où il joue le roi Hérode le temps d’un soir. Par la suite, O’Brien soumet à Sharman son ébauche de pièce : le metteur en scène va le soutenir et l’aider dans son projet, dont le titre change au passage, They Came from Denton High (de Denton, le nom de la ville d’où viennent deux des protagonistes) devenant The Rocky Horror Show.

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Le casting du musical se précise. O’Brien prend le rôle d’un personnage secondaire : le valet Riff-Raff. Patricia Quinn, méconnue à l’époque (et guère plus connue par la suite), joue sa soeur, Magenta. Quant à Tim Curry (Le Cri du sorcier, Ça), pressenti pour le rôle de Rocky, il endosse finalement celui de Frank N. Furter ; la postérité n’y a pas perdu au change, bien au contraire. Quant à Meat Loaf, après avoir joué dans la version américaine de Hair, il prend le rôle du professeur Scott et d’Eddie dans la version anglaise du Rocky Horror Show, et s’il est absent de sa contrepartie américaine, il reviendra pour le film — et entamera deux ans plus tôt une jolie carrière discographie avec Bat out of Hell (1977). O’Brien, Quinn et Curry sont les trois comédiens à avoir joué à la fois dans les versions anglaises, américaines du Rocky Horror Show et dans le film.

La première du Rocky Horror Show a lieu le 19 juin 1973, et le musical est joué jusqu’au 20 juillet. À la surprise de Richard O’Brien, le musical remporte un franc succès, qui va lui permettre d’être joué dans de plus grandes salles. Cette même année 1973, le musical est couronné par l’Evening Standard Award.

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À la manière des musicals de l’époque (Jesus Christ Superstar, par exemple, sorti deux ans plus tôt), un projet d’adaptation du Rocky Horror Show sur grand écran est rapidement lancé, avec Lou Adler, co-organisateur du festival de Monterey, à la production. Afin de préparer le terrain, le musical tente de s’exporter à New York, mais y échoue lamentablement. Qu’importe.

Le tournage a lieu à l’automne 1974, à Oakley Court, une vieille demeure anglaise qui a notablement servi de décor à bon nombre de films de la Hammer. Certains membres du cast de la comédie musicale reprennent leur rôle dans le film : O’Brien reste Riff-Raff, Patricia Quinn rendosse le tablier de Magenta et Tim Curry garde les bas résilles de Frank N. Furter. En revanche, Jonathan Adams quitte son costume de Narrateur pour s’asseoir dans le fautueil roulant du professeur Scott. Barry Bostwick est quant à lui un transfuge de la comédie musicale Grease – aurait-il joué dans le film qu’il aurait sûrement connu une carrière bien différente que celle qui est la sienne, faite de rôles dans de petites productions. Quant à Susan Sarandon, au moment de jouer dans le Rocky Horror Picture Show, elle avait déjà joué dans bon nombre de téléfilms et n’avait rien d’une débutante. Bref, venons-en enfin à l’histoire.

La bande-annonce d'époque qui ne fait pas envie :

 

Science Fiction Double Feature

 

And this is how the message ran…

Spoilers ahead… Si cette partie du billet ne s’intéresse qu’aux chansons, il est inévitable de parler aussi de l’intrigue. Allez par ici si vous souhaitez vous les épargner.

Science Fiction / Double Feature : une évocation nostalgique mais moqueuse des films de SF d'antan. Il y a des « ooooh » et des dégoulinures de saxophone, c'est une introduction parfaite. Dans le film, la chanson est chantée par les fameuses lèvres rouge vif qui ornent l'affiche, tandis que défile le générique en lettres sanglantes.

(Un peu plus haut, j’évoquais un Narrateur : l’histoire nous est narrée par un Criminologue/Narrateur, qui servira sûrement d’inspiration trente ans plus tard à Christophe Hondelatte pour Faites entrer l’accusé (ou pas).)

Damnit Janet : où, peu après le mariage de son meilleur ami, Brad Majors déclare ses sentiments à Janet Weiss. La déclaration d'amouuur est suivie d'une envolée de violons digne de Le cœur a ses raisons, et s'ensuit un swing adorable. Des chœurs irrésistibles ponctuent la chanson (comment ne pas faire écho et répéter « Janet » avec eux ?).

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Over at the Frankenstein Place : sur le point de rendre visite à leur ami, le professeur Scott, Janet et Brad tombent en panne en pleine nuit pluvieuse, non loin d'un manoir. Une sympathique chanson de transition, hantée par un doux sentiment d'inquiétude.

The Time Warp : s'il n'y avait qu'un morceau à retenir du Rocky Horror Picture Show, ce serait celui-ci sans le moindre doute. Une mélodie sautillante, un refrain entraînant, une chorégraphie à faire oublier la Macarena que nous enseigne le Criminologue. Un classique intemporel. Voilà Brad et Janet accueillis dans le mystérieux manoir par un majordome peu aimable (Riff-Raff) et sa rouquine de sœur (Magenta). Le maître des lieux organise une convention de Transylvaniens, où les participants appellent de tous leurs vœux à refaire le Saut dans le Temps. L’occasion de voir la pétillante Columbia s’essayer à un numéro de claquettes (et le rater, presque).

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Sweet Transvestite : où le maître des lieux fait son apparition. Frank N. Furter y chante l'une des déclarations d'intention du film (« I'm just a sweet transvestite / From Transsexual, Transylvania »), et commmence à conquérir Janet. Quitte à se répéter : Tim Curry assure à mort dans le rôle dans le rôle, aussi séducteur que lubrique.

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Sword of Damocles : l'une des chansons omises sur le disque de la BO — reconnaissons qu'il s'agit d'un titre assez faible, où Rocky, alias la Créature, revient à la vie dans le labo, dans une parodie de Frankenstein. Tout juste réveillé par Frank, Rocky en panique se rend compte que sa vie ne tient qu'à un fil, et flippe un peu.

I Can Make You a Man : où Frank N. Furter fait bosser les muscles de Rocky, tout en chantant les raisons pour lesquelles il a fabriqué ce Monsieur Muscle.

Hot Patootie (Bless My Soul) : une chanson un peu hors-sujet par rapport au reste du film. La sueur a à peine fini de sécher sur les biceps de Rocky que débarque Eddie, livreur semi-décérébré (il y a un point de scénario pas clair : Frank Furter aurait échangé les encéphales de Rocky et d'Eddie), qui se demande où est passé le bon temps. Et c'est un rock'n'roll endiablé.

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I Can Make You A Man (Reprise) : après le meurtre sauvage d'Eddie, Frank entonne, l’air de rien, une reprise de I Can Make You A Man, qui se termine sur la Marche Nuptiale de Haendel — un mariage gay et extraterrestre. Ce sur quoi, tout le monde va au lit : Rocky dans une niche de luxe, Brad et Janet dans des chambres à part… où ils ne resteront pas seul longtemps. Fin du premier acte dans le musical.

Touch-A, Touch-A, Touch Me : où Janet explique sa vie de jeune femme carrément coincée qui vient de découvrir les joies de la chair — mais pas en compagnie de son futur mari. Une ode au plaisir, et un gentil doigt d’honneur à la continence, l'abstinence et le pas-avant-le-mariage.

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Once in a while : une chanson malaimée, à la fois absente du film et de la BO sur disque. C'est le pendant mollasson et déprimant du titre précédent, où Brad nous fait part de son spleen.

Eddie's Teddy : le professeur Scott, accessoirement oncle d'Eddie, débarque au manoir, afin de savoir ce qu’il est advenu de son neveu. Voilà tous les protagonistes rassemblés à table autour d'un dîner, à chanter la vie du défunt livreur. (Et les convives de se rendre que la dinde qu'on leur a servi n'en était pas.)

Planet Schmanet, Janet : la découverte de la nature du repas servi a provoqué quelques troubles, en particulier chez Janet, qui pète un boulon et tente de fuir à travers le manoir. Une chanson assez anecdotique (également absente du disque), qui fait toutefois avancer l'intrigue, se moque gentiment de la quincaillerie SF. Mais grâce à elle, on peut briller en société et apprendre à répéter sans se tromper : « Audio-vibratory, physiomolecular transport device ».

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Rose Tints My World : à l'issue de la précédente chanson, Furter a pétrifié tous les protagonistes, qu'il maquille et dispose sur une scène. Que le Floor Show commence ! Columbia, Rocky, Brad puis Janet vont chacun leur tour être dé-médusés et chanter à quel point leur rencontre avec Frank Furter a été libératrice. Une montée en puissance irrésistible pour une chanson qui ne l’est pas moins.

Fanfare / Don't dream it : l'autre déclaration d'intention du film, non moins irrésistible, moite et sensuelle. Un refrain libérateur : « Don't dream it, be it ». Et voilà nos héros plongés en pleine orgie dans une piscine.

Wild and Untamed Thing : la conclusion débridée du Floor Show. Un dernier slogan pour la route : « Rose tint my world / Keep me safe from my trouble and pain ». Mais voilà que la chanson oblique vers des territoires bien moins agréables, lorsque débarquent Riff-Raff et Magenta en tenue de cosmonautes, bien décidés à faire cesser les agissements, déviants selon eux, de leur patron.

I'm Going Home : Frank N. Furter fait ses adieux déchirants à la Terre, mais n'a pas compris que le voyage retour se fera sans lui. Musicalement, la chanson en fait des tonnes dans le pathos — petit violon solo, chœurs chagrinés — au point que ça en devient presque drôle.

Super Heroes : tout est fini. Dans une chanson déchirante, Brad et Janet comprennent que rien ne sera plus jamais pareil pour eux.

Science Fiction/Double Feature (Reprise) : la tristoune chanson du générique de fin reprend l’air du générique du début, et ses paroles résume le film pour qui n'aurait pas compris.

Some terrible thrills

Entre le Rocky Horror Show et sa version Picture, pas de quoi effrayer les fanas du jeu des 7 erreurs : les deux versions restent très proches l’une de l’autre. Quelques scènes et chansons sont absentes de l’une ou l’autre version, sans que cela n’influe sur l’intrigue (si le dîner est absent du musical, la fadasse « Once in a while » a disparu au montage du film). Notons que les chansons du musical sont cependant plus enlevées que celles du film, qui paraissent mollassones en comparaison.

Mollasson : le qualificatif peut s’appliquer au film tout entier, qui accumule les longueurs et dont la réalisation n’est pas toujours au top. La fameuse scène de danse du « Time Warp » ainsi aurait gagné en efficacité avec un montage plus dynamique (plus clipesque, disons). Des longueurs que les spectateurs ont mis à contribution — on verra ça plus loin.

Côté casting, la qualité de l’interprétation varie. Celui qui sort du lot pour la médiocrité de son jeu est clairement Peter Hinwood, qui incarne le rôle-titre, Rocky : son jeu est peu mémorable, et seul son corps sculptural vaut le coup d’œil. D’ailleurs, l’expérience du cinéma n’a guère plu à Hinwood, qui s’est reconverti assez vite en antiquaire. Si les autres membres du cast assurent (Susan Sarandon, Barry Bostwick), celui qui tire son épingle du jeu est sans conteste Tim Curry, tout bonnement incroyable d’aisance dans le rôle de l’extravagant Frank N. Furter. Susan Sarandon assure ; Barry Bostwick n’est pas un bon chanteur, mais est impeccable dans son rôle d’étudiant coincé.

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Le Rocky Horror Picture Show regorge de références culturelles, cela dès la chanson du générique, « Science Fiction / Double Feature », dont les paroles convoquent Tarantula et Flash Gordon, l’Homme invisible et les Triffides, King Kong et Klaatu, le Choc des mondes et Planète interdite. Il était envisagé au départ que des extraits de ces films illustrent le générique, tout comme, en référence au Magicien d ’Oz, le film devait être en noir et blanc jusqu’au premier refrain du « Time Warp ». Citons également une référence à Docteur Folamour en la personne du professeur Scott. Enfin, certains plans font quant à eux citations de tableaux, en particulier American Gothic de Grant Wood. L’ensemble constitue un hommage quelque peu parodique – qui aime bien châtie bien…

À son tour, le Rocky Horror Picture Show a fini par infuser dans la culture populaire, acquérant le statut envié de film-culte au fil du temps. Jusqu’à être intronisé à la Bibliothèque du Congrès en 2005, pour son importance culturelle, historique et esthétique.

 

In just seven days, I can make you a fan

On l’a dit plus haut, sous le strict aspect cinématographique, le Rocky Horror Picture Show est loin d’être un chef d’œuvre. Pas avare en défauts, il parvient tout de même à les transcender, le statut de film-culte le plaçant désormais « au-delà du bien et du mal » — sans ses défauts, le Rocky Horror Picture Show ne serait pas le Rocky Horror Picture Show. Au départ, c’était pourtant mal parti.

Lors de sa sortie, en août 1975 au Royaume-Uni et septembre 1975 aux USA, le Rocky Horror Picture Show a rencontré une totale absence de succès, tant critique que public. Jusqu’à ce que quelqu’un ait l’idée de programmer le film en séance de minuit, en compagnie d’autres œuvres étranges et déviantes, tel le trash Pink Flamingos de John Waters. Le long-métrage de Jim Sharman a alors gagné en popularité, attirant un public de curieux. Un public qui est revenu au fil des séances. Et qui s’est dit que pimenter les séances avec des interventions de leur cru serait une bonne idée. Comment placer des blagues, d’une finesse douteuse, aux temps morts du film. Certains spectateurs ont commencé par revenir aux séances du film, avec des accessoires : du riz, à jeter à travers la salle lors des deux mariages, de l’eau lors de l’averse, du PQ, lorsqu’on ôte les bandages de Rocky. Ce sont là les accessoires minimum : les fans hardcore peuvent se munir d’une crécelle ou de cartes à jouer, en écho à d’autres scènes ou paroles de chanson.

Some Regular Franky’s Fans

Le Rocky Horror Picture Show peut se targuer d’être le film ayant la plus longue durée d’exploitation : depuis sa sortie voici quarante ans, il y a toujours eu au moins un cinéma au monde le projetant. Un joli record pour cette pochade. Depuis, un fan-club officiel s’est créé et a essaimé un peu partout, dont en France.

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De fait, l’Hexagone n’est pas en reste dans le suivi du culte du Rocky. Depuis une vingtaine d’années, un cinéma diffuse le film de manière ininterrompue : le studio Galande, situé dans le 5e arrondissement de Paris. Chaque vendredi et samedi soir de l’année, des troupes aux noms évocateurs (les Deadly Stings, les No Good Kids, les Sweet Transvestites…) assurent ou ont assuré la représentation du film, devant une salle souvent comble. Le Studio Galande est un tout petit cinéma indépendant, dont l’unique salle se situe dans une cave. Existant depuis 1973, il a une programmation spécialisée Art & Essai — c’est là que votre serviteur a pu voir et apprécier des œuvres aussi diverses que Polyester de John Waters ou Hormona de Bertrand Mandico.

C’est en descendant un étroit escalier que l’on parvient à la salle de projection. Celle-ci n’est pas bien grande : quelque quatre-vingt spectateurs (parfois déguisés comme les personnages du film, mais pas toujours avec la plus grande justesse) peuvent s’entasser dans ses rangées resserrées. Lors des séances du Rocky Horror Picture Show, mieux vaut se présenter en avance afin d’être bien situé dans la queue : c’est une séance de cinéma qui se vit (et de préférence, pas dans votre salon), et avoir une place dans les trois premiers rangs est de rigueur pour une meilleure expérience du film.

(À noter que ce qui suit se base sur ma propre expérience, forcément partiale et partielle, n’ayant assisté qu’aux séances proposées par la troupe des Sweet Transvestites entre 2009 et 2014, une troupe dont on pourra lire une interview dans un prochain billet.)

La mise en jambe commence (souvent) par un medley Village People. « In the Navy », « YMCA », « Go West » s’enchaînent. Pas question de rester enfoncé dans son fauteuil, l’implication du public est requise.

Les comédiens, dans des costumes reproduisant au plus près ceux du film, reconstituent avec force accessoires les scènes du film dans la salle (fort peu spacieuse), et font régulièrement participer les spectateurs des premiers rangs — c’est interactif, vous dis-je. Les lancers de riz et d’eau font partie des incontournables, tout comme (ré)apprendre la chorégraphie du Time Warp dans les allées étroites ou swinguer sur « Hot Patootie ». Les temps morts du film (et il y en a) servent à placer bon nombre de plaisanteries, pas toujours les plus fines (mais qu’importe), avec des constantes et des variations au gré de l’actualité.

Pour ceux qui rentrent dans le délire (car il est possible de rester totalement impénétrable au RHPS, ça arrive), ce sont là deux heures aussi jouissives que libératoires, qui font désormais partie intégrante de l’ADN du film, et qui lui assurent sa popularité depuis maintenant quarante ans.

 

It's a gas that Frankie's landed

Qu’en conclure ? Quarante ans après sa sortie, le Rocky Horror Picture Show est-il encore d’actualité ? Au-delà de la vingtaine de chansons, qui restent, l’inoxydable « Time Warp » en tête, un régal pour qui n’est pas allergique au glam-rock. La popularité continue du film semble le prouver. Même s’il est sûrement moins novateur qu’au moment de la sortie du film, son discours progressiste n’a pas pris une ride. Une ode joyeuse au travestissement et à la libération sexuelle — tout le monde couche avec tout le monde, et les protagonistes terminent le film en bas-résille et porte-jarettelles. Indispensable.

« Don't get strung out by the way I look
Don't judge a book by its cover
I'm not much of a man by the light of day
But by night I'm one hell of a lover
I'm just a sweet transvestite
From Transexual, Transylvania »