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Ces derniers temps, ma vie a pris un virage radical : j’ai tout simplement abandonné l’idée de continuer (d’essayer) de vivre de mon travail d’artiste, qu’il s’agisse d’écriture littéraire ou de composition musicale. Après une bonne vingtaine d’années d’affiliation à l’AGESSA – structure chargée, rappelons-le, de gérer la sécurité sociale des « artistes-auteurs » : c’est-à-dire des écrivains et des traducteurs – nous avons divorcé l’un de l’autre, la faute me revenant puisque ne parvenant plus à atteindre (et de loin) le minimum de revenus pour rester affilié. Mes amis, j’ai jeté l’éponge ! Je ne suis donc plus « Écrivain professionnel ».

Après plus d’un an de démarches – quelle galère ! – je suis désormais un heureux bénéficiaire du RSA. Pas de quoi être fier, j’en conviens. Cela étant, le travailleur indépendant que j’ai été a cotisé pendant près de quarante ans pour un retour dérisoire (couverture sociale) voire inexistant (chômage), alors je ne suis pas plus que cela honteux de vivoter désormais « aux frais de la société ». Pour être honnête, je ressens même un certain soulagement : l’allocation mensuelle du RSA, pour un rien misérable qu’elle soit, couvre tout de même mon « loyer » (une participation financière à l’entretien et aux charges des lieux que j’occupe), l’assurance de ma Twingo (pour tous les jours) et celle de mon fourgon (pour quand il faut trimballer des choses ou quand la Twingo ne démarre pas : plus de 500 000 kilomètres aux compteurs, à eux deux !), un plein d’essence mensuel, mes abonnements presse (Télé 7 Jours, Rustica et Wire) et enfin une connexion internet. Ainsi que de quoi ne pas mourir tout à fait de faim – mais tout juste et à condition d’aimer au-delà du raisonnable le riz, les pâtes et les pommes de terre. Pour le reste de ce que l’on considère parfois comme des « besoins », j’ai appris depuis bien longtemps à faire sans. La dispersion (lente mais régulière) de mes collections de livres, revues et BDs, permet d’agrémenter un peu les pâtes et le riz !

Pour tout dire : la situation, au final, me convient assez. Dans la foulée du RSA est venue la CMU (je peux soigner les petits bobos que j’accumulais et traînais) et même un tarif spécial pour l’électricité – mais ayant toujours vécu dans une grande sobriété énergétique, sur ce point précis cela ne fera guère de différence ! ;o)).

Sur le fond, ma vie n’a pas véritablement changé : je continue de partager mon temps entre l’écriture de textes relevant peu ou prou de la Science-Fiction, la composition et l’enregistrement de musique instrumentale et de chansons plus ou moins électro-folk (en français), et le jardinage nourricier, tendances agroforesterie et permaculture.

Quant à la forme, par contre, je ne suis plus un « artiste-auteur » en galère permanente, mais une manière d’artiste « subventionné » (qui plus est sans la moindre obligation de résultat : magnifique, non ?).

Avant, j’avais pour objectif principal de vivre de mon travail, en tentant de le diffuser au mieux, seul ou via des éditeurs quand il s’en trouvait. Aujourd’hui, je ne cherche plus à en vivre : je souhaite seulement diffuser ce travail, avec l’espoir que quelques personnes y trouvent un brin d’intérêt. De fait, cela réduit sérieusement la hauteur à laquelle était placée la barre !

C’est dans ce nouveau contexte que je viens vous entretenir de ma nouvelle réalisation sonore : Kogarashi. Il s’agit d’un CD de musique instrumentale présentant treize compositions datant pour l’essentiel des deux dernières années – et remixées pour l’occasion, certaines dans des versions plus courtes (moins bavardes !) que les mixages originaux.

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Que dire de cette musique ? On y trouve des pièces mêlant nappes de synthèse et koto japonais – à l’écoute, il semble évident qu’il fut un temps où j’ai beaucoup aimé des gens comme Klaus Schulze et Kitaro. On y trouve aussi des mélodies minimalistes, qui seront probablement jugées banales par les uns et évidentes pour les autres – difficile, ici, de dissimuler mon intérêt pour Erik Satie, Terry Riley ou Philip Glass ! On y trouve encore des petites choses purement bruitistes, résolument atonales, relevant d’une esthétique pas si éloignée que cela du grand nimportnawaque – expérimentateur, on ne se refait pas. On y trouve même deux hommages à Arthur Rimbaud – dont l’un réalisé entièrement avec des voix de synthèse dans diverses langues et des sons émis par des cymbales frappées de toutes sortes de manière, ralentis, accélérés, passés à l’envers, harmonisés, compressés et autres amuseries. On y trouve… non, je n’en dirai pas davantage, j’ai l’impression que je vous ai déjà donné pas mal de soucis quant à mon état psychique…

Et maintenant, me direz-vous, on fait quoi ? Et bien, si ça vous intéresse d’écouter ce CD, il vous suffit de le demander. Vous envoyez un mail à mon adresse habituelle : francis.valery@mail.be et je vous l’envoie par retour du courrier (si j’en ai en stock) ou d’ici une petite semaine (s’il me faut en fabriquer d’autres).

Ensuite, il se passe quoi ?

Parmi la multitude de réactions possibles, vous pouvez bien entendu choisir de ne pas réagir. L’écoute de ce CD n’est en rien nécessaire : elle n’améliore pas votre espérance de vie ni n’ouvre de porte vers un ailleurs plus intéressant (enfin… pas à tous les coups). Et vous constaterez qu’il n’y a pas de facture planquée au fond de l’enveloppe. Si vraiment vous êtes réfractaire à ma musique, alors merci de bien vouloir faire suivre le CD à quelqu’un qui pourra peut-être s’y intéresser. Et si vous trouvez ma musique abominable à ce point, vous pouvez dans ce cas donner le CD à votre pire ennemi ;o))

À l’inverse, si après avoir écouté vous trouvez un petit intérêt à tout ou partie de ces musiques, alors il vous est possible, si vous le souhaitez, de me prêter main forte pour la suite de l’aventure.

J’aurais besoin de trois choses. Tout d’abord un commentaire – il peut tout à fait ne porter que sur les aspects négatifs de mon travail, toute critique me semble bonne à prendre (à défaut d’être forcément agréable à lire ou à entendre, mais c’est la règle du jeu). Vous pouvez également me faire parvenir les adresses postales d’une ou plusieurs personnes de vos relations qui, peut-être, aimerai(en)t recevoir ce disque – aux mêmes conditions, c’est-à-dire gratuitement et sans la moindre obligation de donner suite. Enfin, et cela ne vous surprendra pas, vous pouvez aussi (si vous n’êtes pas encore lassés de mes appels récurrents) contribuer à la constitution d’une cagnotte afin de financer la fabrication et l’envoi d’autres exemplaires de Kogarashi – ou la fabrication du prochain CD que je compte diffuser de la même manière. Chèque envoyé à Cubnezais (Francis Valéry, 3 lieu-dit Le Canton, 33620 Cubnezais) ou virement Paypal sur mon adresse mail (francis.valery@mail.be), à votre convenance. Et montant de même : quelques euros suffisent à entretenir la diffusion. Avec un tel mode de diffusion, je n’espère évidemment pas gagner de l’argent ! Mais disons que si je pouvais ne pas (trop) en perdre, ça m’arrangerait bien. Au final, si je pouvais simplement continuer de pouvoir fabriquer et envoyer de nouveaux CD à qui le souhaite, je considèrerais toute l’opération comme un réel succès.

Puisque j’en suis à l’évocation de mes projets, c’est l’occasion de faire un petit point. Mon déménagement n’est pas tout à fait terminé – quand j’ai besoin de quelque chose c’est encore assez souvent à l’autre endroit, soit parce que pas encore transportée soit parce que transportée trop tôt : un grand classique ! Mais mon studio est opérationnel – à l’exception du poste de mixage multicanal, mais je peux mixer en stéréo sans aucun problème, dans un espace qui a fait l’objet d’un traitement acoustique. Par ailleurs, je dispose d’un (petit) endroit pour écrire, bien au calme et à la lumière naturelle. Donc je me suis – enfin ! – remis à l’écriture d’Ayou qui s’achemine vers un format de type novella/court roman, accompagné par un CD de musique « autochtone » et par divers documents (glossaire, petite encyclopédie, illustrations…). Ce projet avait fait en 2016 l’objet de mon second kickstarter (après le Poème Symphonique d’après et autour de Zacharius, de Jules Verne). Il avance à nouveau assez vite.

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Autre projet en cours et qui fera donc l’objet d’une diffusion comparable à celle de Kogarashi : Chansons simples, simples chansons… C’est le titre de travail d’un CD de douze titres : des paroles en français sur des musiques plutôt acoustiques, avec beaucoup de guitare (folk, classique, douze cordes, baritone…), un peu de percussions (tambourin, pied de caisse, caisse claire, claves, trucs, machins…) et quelques instruments invités (basse, accordéon diatonique, piano, sitar, flûte). Comme d’habe, je fais tout. En cas de besoin d’une étiquette, on collera celle de « néo-folk » : ça ne veut rien dire donc ça fera l’affaire. L’envie de départ était d’appeler ce CD Chansons pour après… Le « après » suivi des points de suspension était un clin d’œil à l’anthologie de nouvelles post-apocalyptiques titrée Après… parue chez Marabout au début des années septante. L’idée première était donc de proposer des chansons jouables sans électricité ! J’ai légèrement assoupli le concept – il y a un peu de guitare électrique… D’ailleurs, n’existe-t-il pas des petits amplis à batteries, rechargeables avec un mini panneau solaire ? Hum…

Voilà. Tout est presque dit.

Il me reste seulement à souhaiter une bonne écoute à ceux d’entre vous qui donneront suite à cette proposition. Et un bon tout le reste aux autres !

Bien à vous.