« Travaillé toute la journée sur l’Histoire de la SF Française que dirige Richard Comballot, pour Les Moutons Électriques. Je m’occupe de la période 1945-1965. Il s’agit d’un énorme travail sur lequel je planche quelques heures ou quelques jours, lorsque j’en ai la possibilité. Et ce depuis maintenant pas loin de deux ans. L’éditeur commence à s’impatienter… À juste titre ! »
Travaillé toute la journée sur l’Histoire de la SF Française que dirige
Richard Comballot, pour Les Moutons Électriques. Je m’occupe de la période
1945-1965. Il s’agit d’un énorme travail sur lequel je planche quelques heures
ou quelques jours, lorsque j’en ai la possibilité. Et ce depuis maintenant pas
loin de deux ans. L’éditeur commence à s’impatienter… À juste titre ! Et
pour tout dire : moi aussi ! J’ai hâte d’en avoir fini avec cette
série de trois essais, puisque je découpe la période en trois
sous-périodes : « De l’anticipation scientifique à la
science-fiction : 1945/1951 », « Le premier âge d’or :
1952/1960 » et un troisième essai dont je n’ai pas encore trouvé le titre,
qui couvre les pitoyables années soixante où il ne se passe quasiment rien en
terre de SF française. A mesure que je m’épuise sur ce travail, sa nécessité me
semble de moins en moins évidente. A part une douzaine de collectionneurs, deux
sociologues et cinq bibliothécaires, qui s’intéresse aujourd’hui à la SF
Française du vingtième siècle ? La fantasy écrase en librairie la
science-fiction ; et au sein du ghetto de la science-fiction, la part
étasunienne écrase la part française ; et les rares lecteurs de SF
française n’ont pas grand intérêt, je le crains, pour l’histoire ancienne du
genre. Dans la pratique, c’est énormément de travail, évidemment non rémunéré,
donc beaucoup de temps au cours duquel je ne peux gagner ma vie – déjà que ce
n’est pas évident même en travaillant à temps plus que plein. On retrouve la
problématique des salons de livre où la présence des auteurs n’est en général
pas rémunérée et représente autant de journées perdues pour des gens dont
l’écriture est le seul gagne-pain. Et cela pose le problème du bénévolat
culturel : il est très difficile de trouver le bon équilibre entre les
travaux rémunérés (il faut vivre !) et ceux que l’on exécute gratuitement
pour des petits éditeurs, parce qu’on les croit nécessaires et qu’on sait bien
que les structures éditoriales plus importantes ne les feront pas. En somme, on
se couillonne tout seul. D’autant que je ne suis pas du genre à survoler mes
sujets, j’avance lentement, après avoir recherché, déniché et digéré une énorme
documentation. Foutu militantisme !...