C’est l’histoire d’un petit morceau de gingembre.

Il y a déjà pas mal de temps, cela doit remonter au printemps dernier, j’ai acheté du gingembre à l’occasion d’une visite à un supermarché bio, près de Libourne. De retour chez moi, je me suis cuisiné un riz au gingembre frais dont j’ai le secret avant de ranger le reliquat du rhizome dans une petite boîte à l’abri de la lumière. Au fil des semaines, j’ai continué d’utiliser le gingembre et il a peu à peu fondu au rythme de ma gourmandise jusqu’à ce qu’il ne reste que la plus petite excroissance du rhizome, une bille de la taille d’une petite cerise… et que je l’oublie !

Il y a trois semaines, à l’occasion d’un peu de rangement dans ma cuisine (c’est vrai, je ne la range pas souvent !), j’ai retrouvé mon petit bout de gingembre, tout rond et tout dur. Mais une pousse minuscule – à peine un ou deux millimètres – avait percé la « peau » de la cerise et donnait l’impression qu’elle n’entendait pas en rester là. Ces petits témoignages de la force de vie qui réside dans le végétal m’émerveillent toujours !

J’ai déposé le petit bout de gingembre sur une des étagères qui font face à une baie vitrée et sur laquelle une partie de mes plantes d’intérieur passent la saison froide, entre un chlorophytum et un ficus benjamina (ma collection de plantes d’intérieur n’a rien d’exceptionnel !). Depuis, je l’observe chaque matin et constate que le minuscule bourgeon continue de se développer – mais sans que l’extrémité opposée ne fasse mine de développer quelque chose pouvant faire penser à des racines.

Ne sachant pas trop quoi faire, je suis allé jeter un œil sur internet. J’ai rapidement appris que le gingembre poussait facilement à l’intérieur des maisons, sous réserve qu’il bénéficie d’une terre légère et bien drainée, que le sol reste en permanence humide mais surtout pas trop, qu’il avait besoin de lumière tamisée, voire en été d’une ombre légère – et enfin qu’il valait mieux planter des fragments de rhizomes au début du printemps. Donc pas vraiment mi-novembre…

Comme il m’a semblé hautement improbable que mon gingembre puisse attendre six mois en survivant sur les seules réserves de son petit trognon de rhizome, j’ai préféré suivre les conseils de la petite voix intérieure qui me soufflait de le planter sans tarder et qu’on verrait bien. Ce que j’ai fait.

À l’heure où j’écris ces mots, mon petit bout repose entre un monstera et un autre chlorophytum – je vous l’ai déjà dit : je ne cultive en intérieur que des plantes très ordinaires, en général récupérées çà et là ou résultant de boutures et marcottes !

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Et comme on dit en Papouasie-Nouvelle-Guinée : on verra bien !