Entouré la serre d’une rangée de briques rouges – un petit reliquat de construction qu’un de mes voisins nous a donné, il y a plus de quinze ans, en échange de tuiles anciennes ; de temps en temps je me sers de ces tuiles, ça et là. Une fois la toile de plastique bien calée sur le sol, je commence l’aménagement de l’intérieur et installe d’abord une rangée de tuiles sur le sol, le long des parois exposées au sud et à l’ouest, d’où viennent les vents dominants. Cette fois, j’arrive au bout du stock de briques. L’idée qu’il puisse falloir quinze ans pour trouver une utilisation à des matériaux récupérés, à l’époque, par principe – et non par un besoin alors immédiat – a quelque chose de plaisant. Aux temps anciens, avant l’âge de la décadence et du grand gaspillage organisé, caves et greniers servaient aussi à cela – bien sûr, c’était quand les maisons avaient des caves et greniers… quand les maisons étaient des maisons, en quelque sorte ! Et non des clapiers à lapins urbains délocalisés en banlieue résidentielle. Comme je l’ai dit plus d’une fois, la récup’ et le recyclage sont deux des principaux piliers d’un certain mode de (sur)vie.