Petit déjeuner en compagnie radiophonique de Michel Houellebecq. Excellent et passionnant entretien sur France Inter. Je n’ai personnellement jamais compris cette détestation affichée par pas mal de gens envers Houellebecq ? C’est un bon écrivain et un être humain intéressant, très entier, très contrasté : cassant et fragile, à la fois. En plus, il peut être vraiment très drôle. Après le petit-dèje, léger rappel du réel : on ne peut pas passer sa vie à cultiver son jardin – n’en déplaise à ce bon Candide qui avait compris beaucoup de choses avant beaucoup de gens. Quoi que… Ce fut donc une matinée ‘business’, passée à faire des petits paquets avec les livres et BDs vendus ces derniers jours (le week-end est en général propice aux achats en ligne), avant d’aller les déposer au bureau de poste du village, en début d’après-midi. Ces derniers mois, j’ai commencé à mettre en vente dans ma petite boutique ebay mes archives Fleuve Noir – il est presque certain que je ne relirai jamais aucun des titres déjà lus et ne lirai pas davantage ceux que je n’ai pas encore lus ! Il y a de belles pièces dans le lot (je crois avoir fait le bonheur d’un collectionneur luxembourgeois avec le premier volume de la collection Angoisse, en état proche du neuf, et celui d’un britannique avec les premiers Jean Bruce en édition originale). Sans autosatisfaction excessive, je crois que les livres que je vends sur eBay sont dans un état rarement proposé… Pour moi l’expression « très bon état » veut dire quelque chose ! Depuis des mois, je conserve sur mon compte Paypal tout l’argent qui y rentre – en clair, cela signifie que je n’achète plus rien pour moi (de toute façon, j’ai des tas de livres en attente de lecture), dans le but de me constituer une cagnotte. Car j’ai un projet précis – et onéreux : acquérir une fendeuse à bûches de forte puissance, au moins une six tonnes avec un coin pour fendre en quatre. Pas question de rigoler avec le matos ! Mon frère et mes parents utilisent des inserts pour se chauffer et brûlent donc beaucoup de bois ; mon père (quatre-vingt ans et malade du cœur, mais tête-de-lard ingérable) fend son bois à la masse et découpe des bûches à la tronçonneuse quasiment tous les jours… parfois aidé par mon frère, mais ce dernier a en général un mot d’excuse ; il faut dire qu’il est né avec une grave malformation génétique : il possède dans la main droite, non pas un poil, mais carrément une plantation de baobabs. Quant à sa main gauche, elle semble avoir été montée à l’envers. C’est parfois assez impressionnant. Par contre, ça ne le gêne pas pour manipuler une souris et un clavier d’ordinateur. Une chance ! Cela me rappelle parfois le célèbre Nikita Phetké, alias notre regretté ami Jacques Goimard, qui réussissait l’exploit, à en croire Fluide Glacial, à la fin des années septante, de, je cite, "se pignoler avec le pied gauche" – il faut dire qu’au montage de ce brave Nikita, le Seigneur avait interverti le pied gauche et la main droite. Bref (il faut bien que je place, à l’occasion, une anecdote justifiant la présence de ce blog sur le site d’un éditeur spécialisé dans la Science-Fiction). Moi, je fais mon bois à la scie à bûches. C’est plus rustique. Mais évidemment, il ne faut pas avoir peur de se fatiguer et d’avoir parfois le biceps un peu douloureux (bien entendu sous réserve d’avoir des biceps en magasin). Comme ces deux derniers hivers je n’ai pas utilisé de bois, mon petit stock préparé courant 2010/2011, ainsi que ce que je débitais au jour le jour en conduisant mes petits travaux d’abattage d’arbres morts, a filé dans l’insert parental (sans regrets : le bois de chauffage, c’est fait pour chauffer, pas pour rester stocké pendant des années !). Compte tenu de mon redéploiement sur le domaine (je vous raconterai ça dans quelques semaines, quand je commencerai mes travaux d’aménagement), j’aurai une cheminée à ma disposition pour l’hiver prochain – les plus malins d’entre vous auront aussitôt deviné qu’après la fendeuse de bûches, mon prochain gros achat, à moyen terme, sera un insert pour cette cheminée. Une fendeuse va donc simplifier le travail de tout le monde – enfin… surtout de mon vieux père. Pour la suite, j’espère acquérir un ou deux hectares de bois – il y en a parfois à vendre dans le coin – et éventuellement m’associer avec un bûcheron qui m’aiderait à en assurer l’entretien, moyennant un partage du bois de chauffage prélevé selon une gestion durable. A part cela, j’ai tout de même semé un carré de mesclun (salades mélangées, à couper au fur et à mesure), et commencé le remplissage (BRF ancien et paille de l’an dernier, bien mûre) du nouveau bac de plantation. L’idée est d’y semer du tournesol, pour contribuer au nourrissage des futures poules.

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