Jour 42 : Vendredi 13 janvier 2017

Vous avez peut-être remarqué que j’ai fait une pause dans la rédaction de mes billets quotidiens, tout au long de la semaine qui s’achève aujourd’hui.

Pour tout dire, il ne s’est rien passé se démarquant d’un ordinaire répétitif pour mériter d’être un tant soit peu mis en avant. Anita ayant pris une semaine de « vacances » et notre trio de fines lames tessoualaises (i.e. : venant de La Tessouale, petit village situé aux portes de Cholet, capitale des Mauges de mon adolescence) nous ayant rejoint, nous avons juste bossé, sur un rythme assez soutenu.

Les copains sont repartis aujourd’hui, en fin d’après-midi. Je vais donc pouvoir reprendre ma vie normale de doutes, d’incertitudes et de procrastination – et continuer de vous raconter, au jour le jour, le rien de mes réalisations virtuelles.

En attendant, la nouvelle maison, si elle a toujours des allures de chantier éternel, ressemble tout de même un peu plus à l’idée que le commun des mortels se fait d’un lieu de vie « acceptable ». À l’étage, une première pièce s’achemine vers sa conclusion : le plancher a été poncé, le radiateur et le cadre de la grande fenêtre ont été peints, les murs poncés puis tapissés – il en reste un que nous finirons au cours du week-end qui s’annonce. Restera également à passer de l’huile sur le plancher puis à poser des plinthes. Nous avons été ralentis dans ces travaux par l’activité des brebis, dans le parc arboré qui s’étend sous la fenêtre. Trois agneaux sont nés au cours de la semaine et ont immédiatement entamé une carrière de concertistes. Le spectacle était assez fascinant – jusqu’à ce que nous réalisions que ces agneaux allaient être très certainement sacrifiés en avril, pour le rituel familial et gourmand de Pâques (pas chez nous, évidemment). Du coup, je me suis fait cette réflexion que les gens qui ne manquent jamais de faire remarquer que les musulmans massacrent quantité de moutons (adultes) pour je ne sais plus quelle fête religieuse rituelle, feraient mieux de se la coincer, vu que les chrétiens, eux, massacrent pour Pâques des agneaux – donc des bébés, ce qui, de mon point de vue, est évidement encore pire. En définitive, si les mangeurs de viande – disons plus justement : de produits animaux à l’état cadavérique – devaient tuer de leurs petites mains supposées innocentes les animaux qu’ils consomment, la barbarie chuterait d’un bon cran dans nos sociétés. Car qui aurait le « courage » d’aller chercher un agneau sous sa mère pour l’égorger et le faire cuire ?

Dans la partie nord-ouest de la maison, l’électricité a également bien progressé dans deux pièces et dans la salle de bains du rez-de-chaussée ; tout est en place : goulottes, câbles, interrupteurs, prises… il reste à tout vérifier puis à connecter à l’un de tableaux électriques. Il y a, par ailleurs et désormais, de la lumière dans la chaufferie et dans le cellier. Chic planète !

De son côté, la cuisine a perdu ses ambiances cavernicoles grâce à l’installation d’une série de petits néons au-dessus des plans de travail – reste à repeindre les portes et à isoler/aménager une niche creusée dans un renfoncement du mur (très épais) de la façade, où avait été installé un évier rejetant ses eaux usées directement dehors, datant sans doute du dix-neuvième siècle. La niche sera peut-être transformée en bibliothèque pour accueillir nos collections de livres de cuisine – Anita et moi cuisinons dans des registres fort différents, pour ne pas dire inconciliables, mais bon…

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L’Atelier a perdu quant lui une partie de son esthétique de forêt primaire. Cinq accès électriques au bas des murs ont été connectés, ce qui a entraîné la soudaine disparition du dispatching posé sur le sol, au milieu de la pièce, et de ses cinq arborescences faites de câbles et de prises multiples. Il y a toujours une cinquantaine d’appareils divers connectés en permanence (claviers, amplis, postes informatiques…) mais le fouillis est devenu un réseau soigneusement organisé (et équilibré, électriquement parlant !). Concernant le matériel, six claviers sont désormais positionnés sur leurs supports. Je voudrais apporter encore mon Korg MS20 et son séquenceur. Par contre, faute de place et de réel intérêt, je ne sais pas si je vais installer les trois dernières machines qui, outre le Korg, sont encore à La Contrée (un synthé SIEL, un orgue Yamaha et un clavier-arrangeur Casio). Par contre, ce qui m’embête, c’est que je ne vois pas où je pourrais installer mon orgue Farfisa Capitol, une machine vintage avec deux claviers et un pédalier de basse, aussi lourde qu’encombrante, mais avec des sonorités très « psychédéliques ». Concernant les guitares, j’en ai désormais onze sur place, plus un sitar et une slide. Il en reste à peu près autant à La Contrée, voire un peu plus – cela fait un moment que je ne sais plus, de mémoire, combien j’ai de guitares. Je pense d’ailleurs que je vais essayer d’en vendre deux ou trois dont je me sers très peu, voire plus du tout, pour financer l’achat d’une guitare à résonateur en métal et d’une guitare à caisse en composite, genre Ovation. Cela manque à l’éventail de mes possibles, d’un point de vue sonore.

La semaine prochaine, j’installe la batterie et ses périphériques – mais je ne pourrai faire du bruit que lorsque j’aurai construit des paravents acoustiques…