Déjà octobre ! Cette année m’aura semblé passer à toute allure. Encore plus vite que d’habitude, serais-je tenté de dire ; il paraît que cette sensation de « temps qui file » s’accroît avec l’âge. C’est ainsi. Si ce matin je me fais cette remarque, c’est parce que je viens de jeter un œil dans mon agenda pour constater que c’est au tout début de l’année, au cours de la première semaine de janvier, il y a neuf mois, qu’une tempête a emporté l’arche fleurie devant la porte de ma cuisine ainsi que l’abri en bambou qui l’abritait de la pluie – et achevé de détruire ma serre dont la toile de plastique avait déjà été rafistolée une paire de fois. Je n’ai pas eu le temps – ni l’énergie – d’en construire une autre et j’ai donc passé l’année sans serre, ce qui a été fort préjudiciable à ma récolte de tomates. Par contre, à l’arrivée des mauvais jours, je me suis enfin décidé à reconstruire l’abri en surplomb de la porte de la cuisine. Orientée à l’ouest et face à un terrain en pente – un muret retient la terre mais il penche de plus en plus – ma cuisine est inondée dès qu’il pleut et que le vent se met de la partie.

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J’ai commencé par repeindre la structure constituée de poteaux en pin sylvestre de section carrée (huit centimètres), fixés dans des supports plantés dans le sol ou posés sur des dalles en ciment, et reliés entre eux par des équerres en métal. C’est assez solide. À la place des bambous (production personnelle  !) et de la couverture en plaques de contreplaqué (récupération) qui a été littéralement arrachée et emportée par la tempête, je vais cette fois (re)construire en dur, avec des lames de plancher de dix centimètres de large. J’ai acheté du « déclassé » – ce qui signifie qu’il est plein de nœuds, ce qui n’a pas la moindre importance, mais aussi que certains des nœuds ont sauté, laissant la place à de jolis trous au plein milieu des planches, ce qui est plus embêtant. Mais ce plancher est vendu à très bas prix, par paquets de cinq lames de deux mètres de longueur. J’ai acheté trois paquets, ce qui représente au total trois mètres carrés de future couverture.

L’idée est de prendre trois lames et de les couper chacune en deux morceaux de 120 cm et 80 cm ; puis de couper un des morceaux de 80 cm en deux parties égales de 40 cm. Il n’est pas nécessaire d’avoir fait de brillantes études scientifiques pour saisir la finalité de la chose : au bout du compte je dispose de 5 longueurs de 120 cm chacune : trois sont d’un seul tenant et deux sont composées d’une chute de 80 cm et d’une chute de 40 cm. En assemblant tout cela bord à bord, on obtient un panneau de 120 cm (la longueur de la couverture, dans le sens de la pente) sur 50 cm de large. Comme je dispose en tout de quinze lames, je vais fabriquer cinq de ces panneaux et je les fixerai sur la structure des poteaux, côte à côte, pour obtenir une couverture de deux mètres cinquante de long. Ce qui protégera une partie suffisante de la façade – après avoir posé des rustines sur les trou-trous des lames et peint l’ensemble. Comme disait l’autre : « il n’y a plus qu’à le faire ! ».

Et tandis que du côté de La Contrée on procède à ces menus travaux de charpenterie incertaine, sur Ayou, planète-océan désormais bien connue, située quelque part dans l’Essaim, un amas globulaire à la lisière de notre galaxie, notre ami Broderick, ambassadeur de son état et représentant de l’Empire NovaTerrien, continue de rédiger son journal de bord. Après plusieurs semaines passées à explorer ce nouveau monde et à tenter de comprendre la psychologie parfois déroutante de ses habitants, notre équipe de Sensoriels se trouve confrontée à un bien étrange phénomène qui serait lié, du moins c’est ce qu’il semble, à un alignement périodique des lunes d’Ayou…

Vous l’aurez compris : je me partage ces temps-ci entre le maniement de la scie et du marteau, et celui du stylographe ; loin de moi l’idée de m’en plaindre : il est des occupations nettement moins plaisantes ! À part cela, les topinambours commencent seulement à fleurir ; je pense que nous pourrons manger les premières dans le courant du mois.