Ce matin, j’ai entendu un type à la radio expliquer que « c’était la loi de séries ». Avec ça, il avait vraiment l’impression d’avoir tout dit, l’abruti. Sauf qu’il n’avait rien dit — et qu’il n’avait même pas donné la liste entière…

Le début de l’année a été difficile. Le 2, c’est Michel Delpech qui tire sa révérence. Et deux jours après, il est rejoint de l’autre côté par Michel Galabru. Salut temps pour les Michel — après Michel Jeury il n’y a pas si longtemps. Il paraît que Michel Polnareff a mis à jour son testament, juste au cas où.

La mort de ces deux là a fait tellement de bruit que personne n’a pris garde au départ de Robert Stigwood, le 4 janvier, le même jour que Galabru. Pour la plupart des lecteurs de ce billet, Stigwood doit être un parfait inconnu… ce fut pourtant l’une des personnes les plus influentes dans le monde de la musique anglo-saxonne, dans les années soixante — il a par exemple été le manager des Bee Gees. J’ai appris sa mort par internet.

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Robert Stigwood

Le lendemain, le 5 janvier donc, c’est Pierre Boulez qui tourne la page. Là encore, c’est par internet que la nouvelle est parvenue jusqu’à moi. Les médias officiels étaient tellement occupés à célébrer Delpech et Galabru qu’ils n’ont pas eu le temps de parler de Boulez. C’était pourtant l’un des acteurs les plus importants — si ce n’est le plus important — dans l’univers de la musique contemporaine, en France. Et ce depuis plus de soixante ans. Chef d’orchestre admiré et admirable, compositeur inventif mais difficile, caractère parfois difficile mais véritable génie.

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Pierre Boulez

Le 6 janvier, deux jours après la mort de Galabru, c’est un autre acteur présent dans l’équipe des gendarmes de Saint-Tropez, Yves Vincent, qui disparaît. On se souvient de lui dans le rôle d’un colonel de gendarmerie dans Le gendarme se marie et Le Gendarme en balade. Il avait également joué dans Hibernatus, toujours aux côté de Louis de Funès.

Le 7 janvier, le monde de la mode perd un de ses plus grands créateurs en la personne du couturier André Courrèges. L’homme avait révolutionné la mode dans les années soixante. Le 8 janvier, s’éteint le chanteur de soul et de rhythm and Blues Otis Clay.

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Otis Clay

À peine le temps de souffler, et on annonce avec fracas le décès de David Bowie, le 10 janvier ! Une perte immense pour moi et pour nombre de mes proches. Sa musique n’aura jamais été autant écoutée que depuis qu’il n’est plus là. Il fait peu de doute que son dernier disque, Blackstar, sorti deux jours avant sa mort, va cartonner dans le monde entier…

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Mr Bowie

Le 14 janvier, le mari et manager de Céline Dion tire sa révérence : René Angelil est parti dans la discrétion, suivi de l’un des frères de la chanteuse. Le même jour, les journaux télévisés signalent également la mort d’Alan Rickman, surtout connu chez nous pour avoir incarné pendant dix ans le Professeur Severus Rogue, dans les adaptations cinématographiques des aventures d’Harry Potter.

Et ce matin, j’apprends le décès de Michel Tournier, écrivain pétillant et tout sourire à qui l’on doit, en particulier, Le Roi des Aulnes (Prix Goncourt 1970) et les deux versions de Robinson ou les limbes du Pacifique, la première pour les adultes et la seconde, réécrite, à l’intention des enfants.

Ajoutons à cette litanie, le fait que, depuis deux semaines, se succèdent les émissions spéciales consacrées à Daniel Balavoine — trente ans déjà. Et pas plus tard qu’hier soir, Arte diffusait un documentaire passionnant sur Pink Floyd, en particulier sur la genèse de l’album Wish You Were Here… en rappelant que cela fait dix ans qu’est mort Syd Barrett, à l’âge de soixante ans, mon âge actuel…

Désolé, mais il y a des jours où on se dit que ça fait beaucoup…

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PS
Au moment d’envoyer ce billet, j’apprends un nouveau décès, celui survenu hier, à New-York, du guitariste et claviériste Glenn Frey, membre fondateur de Eagles et auteur de la plupart des chansons du groupe, en particulier l’immense « Hotel California ». CeQe nouvelle me plonge dans une grande tristesse.