Chers lecteurs de ce blog ainsi que tous les autres,

D’ici quelques jours la campagne de financement de mon projet Les Mondes de l’Essaim : Ayou arrivera à son terme. Les souscriptions ont couvert la somme demandée. Et cela grâce à la générosité d’un petit groupe de dix-sept personnes : quatorze se sont manifestées via la plateforme et trois m’ont contacté en direct, pour proposer une aide parallèle. Sur ces dix-sept personnes, seize avaient déjà participé au financement de mon précédent projet, Zacharius : un poème symphonique. A tous et à toutes, j’adresse un immense merci.

Dix-sept personnes, en soi c’est très peu. Cela signifie très clairement que mon travail d’écrivain et de compositeur n’intéresse quasiment personne ! Ce qui, soyons honnête, n’est pour moi en rien une découverte – l’audience du Journal d’un Homme des Bois est sans doute du même ordre. Cela étant, et c’est ce que je retiens, dix-sept personnes à ce point présentes et actives, prêtes à soutenir mon travail de manière très concrète – ce qui, je pense, témoigne de leur intérêt pour les fruits de ce travail – c’est assez pour que je puisse continuer d’écrire et de composer, avec en tête l’espoir de leur faire plaisir. Comme je me fais plaisir.

Le montant de la somme réunie est suffisant pour couvrir le coût de la réalisation : de l’achat d’un peu de matériel spécifique (musique, studio) aux frais d’envoi du « produit fini » (un petit livre avec un CD), en passant par sa fabrication (achat de CD vierges, coffrets, frais d’impression, etc.).

Je n’ai bien sûr pas attendu pour me lancer dans le travail. J’y suis depuis deux mois et je dispose déjà de quatre pièces de musique électro-acoustique assez brèves (de l’ordre de 3 minutes chacune) et de quelques dizaines de pages de texte. Bien sûr, j’ai composé et enregistré bien plus de matériel musical et écris davantage de pages ! Mais comme toujours, j’ai beaucoup jeté. Au fil des écoutes et des réécoutes, de l’écriture et des réécritures, il ne reste que cela. Mais c’est une bonne base. Et moi qui ai plutôt tendance à ne jamais considérer mon travail comme « achevé », pour une fois je trouve ces premiers extraits plutôt satisfaisants. Je ressens même, ça et là, quelques bribes d’une étrangeté assez bienvenue…

Rassurez-vous, je ne sombre pas pour autant dans l’autosatisfaction ! Je pense que cela ne m’arrivera jamais : je suis trop angoissé quant à la qualité de ce que j’écris ou compose, et sans doute parfois trop versé dans l’autocritique, lorsque ce n’est pas la simple dévalorisation… C’est peut-être (sans doute ?) ma manière d’avancer…

En tout cas, voilà. C’est fait. Il n’y a « plus qu’à » !

J’ai posté aujourd’hui une « actu » sur le site kickstarter, à la fois sur les pages de Zacharius – puisque je continue d’informer les souscripteurs de ce premier projet de la suite de mes petites aventures – et sur celles du Monde de l’Essaim. J’y dis à peu de choses près ce que je viens de (re)dire ci-avant. J’ai un peu réfléchi à l’éventuel « pourquoi » du fait que seul le quart des personnes ayant soutenu Zacharius se sont engagées sur Le Monde de l’Essaim.

Je sais bien qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, il y a peut-être des personnes qui n’ont pas du tout aimé mon adaptation de l’œuvre de Jules Verne – j’espère simplement qu’elles n’auront pas été trop déçues et n’auront pas trop regretté d’avoir financé un travail qui ne les a pas convaincues ou séduites. Il y a peut-être aussi des personnes qui ont mis l’info dans un petit coin, l’ont oubliée et sont passées à autre chose – on est tellement sollicité… et l’actualité de ces derniers mois ne porte pas à la frivolité : or, quoi de plus frivole que ce projet relevant d’une science-fiction exotique accompagnée d’un projet musical aussi bizarre ! Je me dis qu’il y a peut-être, également, un aspect financier. La somme demandée, pour l’ouvrage et son CD, est de 25€, ce qui est sans doute un peu cher pour une réalisation artisanale réalisée par un artiste très peu connu. Cette demande a peut-être été perçue comme un brin exagérée ? J’avoue ne pas trop savoir…

Même réflexion concernant les personnes suivant plus ou moins ce blog. Evidemment, on peut aimer ma manière de dire le monde – ma manière de le percevoir, de m’y inscrire, d’aimer la vie malgré tout – et ne pas apprécier ma musique. Donc on peut lire ce blog et n’éprouver aucune curiosité pour mes livres audios. Tant pis pour moi !

Mais bon, dans la vie, tout est question d’équilibre et d’harmonie. Le financement obtenu pour Les Mondes de l’Essaim couvre tous les frais et laisse même du « rab » en matériel (CDs, coffrets). J’achète en effet les CDs vierges en tours de 100 exemplaires et les boitiers par cartons de 50 exemplaires – à des prix de demi-gros, dans des pays frontaliers (pourtant tout aussi européens que nous) où les coûts de ces produits culturels sont nettement moindres. Donc si des personnes, parmi les lecteurs de ce blog, n’ont pas pu participer à l’aventure des Mondes de l’Essaim pour des raisons financières, qu’elles sachent que ça ne doit pas constituer un problème !

Si vous pensez que, peut-être, vous pourriez apprécier Les Mondes de l’Essaim, sentez-vous libres de participer à son financement à la hauteur de vos possibilités – donc en-dessous de la somme demandée sur le site kickstarter si celle-ci (25€ + le port) vous paraît trop élevée. Rendez-vous sur la page de présentation du projet – et souscrivez en envoyant la somme de votre choix, aussi minime et symbolique soit-elle, sans gêne ni raison à donner. J’enverrai à tous les souscripteurs le livre et le CD, sans distinction. Je peux le faire, grâce à la générosité de ce petit groupe de personnes dont je parle en ouverture de ce billet. Ce sont mes mécènes ! Sans elles, rien n’aurait été possible.

Attention, il faut le faire de suite, sans tarder. La souscription s’arrête, me semble-t-il, le onze janvier au matin.

Mon seul désir est de tenter de faire connaître mes textes et mes musiques. Je n’ai jamais cru que j’en vivrais décemment un jour – c’est fini, ce temps-là ! A soixante ans désormais passés, je n’ai d’autre espérance que de continuer à vivoter quelques années encore tout en travaillant – à mon bureau, dans mon studio, et… dans mon jardin ! J’ai appris il y a déjà bien longtemps à vivre avec rien ou peu s’en faut. C’est un choix de vie réfléchi, profond, sincère. C’est un engagement total. Tant que je peux continuer, je continuerai. Dans le cas présent, Les Mondes de l’Essaim sont financés : ils vont s’incarner dans ce monde-ci. Rejoignez-moi dans l’aventure, ne serait-ce que par curiosité !

Encore merci à toutes et tous.