Il y a quelques années, alors que je discutais gentiment avec un vieux copain et que, tout soudain, je lui fis remarquer qu’il faudrait que je note son adresse mail pour pouvoir donner bonne suite à une requête qu’il venait de formuler (genre lui envoyer à mon retour chez moi je ne sais plus quel document), il me fit remarquer quelque chose comme : « dans la mesure où, la semaine dernière, je t’ai envoyé un mail auquel tu as répondu , ton logiciel de messagerie a enregistré mon adresse et elle est déjà dans ton carnet d’adresses. » « Ah bon ? » fis-je, un peu étonné – mais pas plus que cela, puisque je m’efforce d’utiliser avec une remarquable parcimonie toute technologie postérieure à la séparation des Beatles. Que mon logiciel de messagerie prit sur lui d’enregistrer les adresses de mes correspondants, je l’ignorais. Mais pourquoi pas.

Afin de comprendre ce qui va suivre, il faut savoir que je n’envoie quasiment jamais de mail de ma propre initiative. Je suis quelqu’un qui répond assez facilement aux demandes, mais qui n’a pas l’habitude d’en formuler. Et quand il arrive que je doive tout soudain demander un truc à un copain, je me plonge alors dans les enfers de ma boîte mail (un vrai bordel !) pour y retrouver un mail plus ou moins récent de la personne en question, je l’ouvre et là, simplement impérial, une attitude qui somme toute me sied assez bien, j’utilise l’option « répondre » : l’outil le plus génial de toute l’informatique, depuis le regretté grand bogue de l’an 2000 (à ne pas confondre avec les petits bogues de mon châtaigner).

Hélas, il n’y a pas très longtemps, j’ai effacé involontairement la totalité de la partie de ma messagerie réservée aux « messages reçus ». C’est benêt. C’est même très benêt puisque, en corrélation logique avec ce que je viens d’expliquer, je n’ai plus la possibilité de faire « répondre » quand je veux écrire à quelqu’un de ma connaissance. Ah oui, parce que j’ai oublié de préciser que l’histoire de la messagerie qui enregistre automatiquement les adresses des gens qui vous écrivent, ce n’est évidemment pas vrai – en tout cas pas avec mail.be, la messagerie belge et gratuite que j’utilise depuis largement avant la fin du précédent millénaire.

De par le fait, vous l’aurez compris, je suis dirons-nous légèrement dans la zoubia – pour parler pataouète, ce remarquable argot pied noir d’avant l’indépendance de l’Algérie. Puisque tout bonnement incapable de contacter environ 95% de mon petit « réseau » de plus ou moins vieux copains du monde de la SF et de la musique.

Or, et pour la première fois depuis bien longtemps, pour ne pas dire pour la première fois depuis toujours, j’ai justement besoin de faire un lâcher massif de mails en direction de mes vieux potos…

Donc, avant toute chose, si vous me lisez et considérez que vous faites partie de ma bande de plus ou moins amis, copains, contacts, collègues, ex ou autres, juste envoyez moi un mail – même si c’est pour me dire que je suis un gros blaireau – afin que je puisse vous réintégrer dans mon carnet d’adresses, que cette fois je réalise en pour de vrai, avec du papier et un crayon (putain de technologie !). Merci d’avance. Ça urge.