Sous le masque [Under the hood], Eric Mathies (2009), 38 minutes.

L’adaptation en 2009 du comics culte Watchmen par Zack Snyder a fait couler pas mal d’encre. Bonne ou mauvaise adaptation ? Dans un long article, notre ami Clément Bourgoin s’était interrogé, au début de ce blog, sur la qualité de cette adaptation — pour un verdict positif (que votre serviteur partage) — et sur ce qui fait la qualité d’une adaptation en règle générale.

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Depuis sont sortis les versions « director’s cut » (environ trois heures au compteur) puis « ultimate cut », que l’on pourrait qualifier de super-longue : il s’agit de la version longue agrémentée du dessin animé tiré du comic book fictif, lu par l’un des personnages secondaires de Watchmen, Tales of the Black Freighter. Cette glauque histoire de pirates rythme le récit, tant dans le comics de Moore et Gibbons que le film de Snyder. À l’origine, Tales… est sorti directement en DVD, avant d’être intégré (plutôt finement, cela dit) au film dans un souci d’exhaustivité et de fidélité au comic originel. Chose sur laquelle on pourra batailler : chez Moore & Gibbons, Max Shea, le dessinateur fictif de Tales of the Black Freighter, possède une importance cruciale dans le plan ourdi par Ozymandias ; absent du film de Snyder, la pertinence de la présence du comics est faible.

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Chaque chapitre du Watchmen de Moore & Gibbons se termine par un appendice : rapport de police, lettres, livres, et surtout l’autobiographie de Hollis Mason, alias le premier Hibou, intitulée Under the hood/Sous le masque. Cet ouvrage fictif, dont on peut lire les cinq premiers chapitres dans le comic originel, a lui aussi bénéficié d’une adaptation, sortie sur le même DVD que le dessin animé Tales of the Black Freighter.

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Under the Hood , donc. À l’inverse de Tales…, l’adaptation n’est ici pas littérale : en ce cas, il se serait agi d’un documentaire voire d’un biopic. À la place, on a une émission télévisée, The Culpeper Minute, qui propose un retour dans ses archives et sur l’interview donnée en 1975 par Mason au présentateur, Culpeper. Hollis Mason revient sur la formation des Minutemen, la raison pour laquelle il a rejoint le groupe, son intérêt amoureux pour Sally Jupiter. D’autres intervenants (Sally Jupiter, son ex-époux Laurent Schexnayder, des gens de la rue) sont également interviewés. Cette émission fictive prend un soin aussi charmant que maniaque à adopter le grain télévisé de l’époque, ainsi que l’habillement graphique ou les tenues vestimentaires typiques des années 70 ou 80.

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Under the Hood abonde en références plus ou moins évidentes : les acteurs reprennent leur rôle ; parmi les gens de la rue qui donne leur avis sur les Watchmen, on revoit ce vendeur de journaux et comics (qui possède Tales of the Black Freighter dans son stock) ; l’interview de Mason a lieu au Gunga Diner, restaurant que l’on aperçoit déjà dans le film ; l’émission est entrecoupée de publicités (fictives) d’époque, dont une sponsorisée par Adrian Veidt/Ozymandias. Et le fait que le présentateur s’appelle Culpeper n’a rien d’anodin : en 1775, il a existé une milice (des « minutemen » donc) formée nulle part ailleurs qu’à Culpeper, Virginie…

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En définitive, Under the Hood s’avère un tantinet redondant avec le film : bon nombre d’information donnée dans le long-métrage sont répétées ici. Néanmoins, cette vraie-fausse émission forme un complément intéressant, et surtout original, au film de Zack Snyder (pour les gens, comme votre serviteur, atteints de complétionite chronique).

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Introuvable : oui, sauf dans les DVD comprenant tout Watchmen
Irregardable : oui, pour ceux qui ont détesté le film
Inoubliable : non