Fini de remplir le cinquième bac à plantation avec du terreau tamisé. Semé trois lignes de Carottes de Colmar à cœur rouge et deux lignes de Poireaux De Carentan, en alternance : carotte / poireau / carotte / poireau / carotte. C’est un grand classique en culture associée. L’odeur du poireau repousse la mouche de la carotte tandis que celle de la carotte repousse la teigne du poireau. Planter des fraises et des tomates près des poireaux semble aussi leur donner un petit coup de main – et l’aneth repousse le papillon dont la ponte engendre la mineuse du poireau. Elle est pas belle la vie ? Corollaire évident : pourquoi utiliser des poisons chimiques pour faire mal ce que la nature sait faire toute seule et parfaitement bien ? Pour information, le Poireau de Carenton est une variété très rustique qui résiste aux hivers froids et est lente à monter en graines au printemps – on peut donc également l’utiliser en "culture tardive" (semailles en août, repiquage en novembre, récolte en avril/juin). Quant à la Carotte potagère de Colmar à cœur rouge, c’est aussi une variété très rustique qui produit de bonnes grosses carottes des familles, à manger crue ou cuite. Bon, c’est un peu tôt pour les carottes et il faudra de toute façon repiquer les poireaux, mais ça devrait se débrouiller en attendant. Également semé des Radis Gaudry, à un des bouts du bac. « Pourquoi cette variété ? » ne manquerez-vous pas de demander, curieux comme je vous devine. Eh bien parce qu’il me restait la moitié d’un sachet de graines qu’on m’avait donné, l’an passé. Car comme le proclament haut et fort les colons révoltés mis en scène par Robert Heinlein dans son excellent roman The Moon is a Harsh Mistress (en français : Révolte sur la Lune) : « There Ain’t No Such Thing As A Free Lunch ! ». Et nous conclurons sur ces belles paroles, non sans préciser que les sept lauriers plantés, sauf erreur, avant-hier, ont été paillé sur une bonne épaisseur avec du broyat de figuier : de la branche gorgée de sève dont la décomposition va nourrir ce petit monde. Vu ce que j’ai coupé, j’ai bien perdu cinquante kilos de figues virtuelles – mais bon, il y en a chaque année tellement…