Matinée hôpital à Libourne pour des examens. Déjeuner avec ma fille, histoire de nous remonter le moral, dans une de ces cafétérias asiatiques où l’ont peut engouffrer tout ce qu’on veut, moyennement une modeste obole de onze euros cinquante par personne. Tandis que les Français de base emplissent gentiment leurs assiettes de sushis, brochettes de poulet à la sauce satay, crevettes à l’aigre-douce, canard laqué ou porc au caramel (avec une sobriété de bon aloi et une délicatesse soigneusement étudiée, dès lors qu’on les observe, trop drôle !), nous organisons un véritable hold-up sur les nouilles aux légumes, les algues au soja et les samossas végétariens – avant de piller, sans vergogne, le buffet des desserts et la glacière. Prenant au mot la banderole « buffet à volonté », c’est avec une volonté certaine que, de par le fait, nous nous enquillons trois assiettes (chacun) de petits délices diversement cuisinés. Il faut assumer sa part de barbarie. Au moment de régler – curieusement, cette cantine fait payer à la sortie, alors qu’il y en a beaucoup où il faut payer d’avance – le regard de la caissière est assez éloquent ; ni café, ni boisson, ni supplément d’aucune sorte… donc vingt-trois euros net, pour solde tout compte. Gasp. En même temps, si l’on compare le prix des légumes à celui des produits animaux à l’état cadavérique, les végétariens ne sont sûrement pas les gens qui coûtent le plus cher aux restaurateurs ! On sent, tout de même un peu, que la maison ne nous remercie pas vraiment de notre visite… et, avec la courtoisie habituelle de la profession dès lors qu’elle sent sa marge bénéficiaire en danger, telle une motte de beurre exposée en plein soleil, nous souhaite aimablement de ne pas revenir ! J’adore ce sentiment fugace d’appartenance à la horde de Gengis Khan… Dans la foulée, virée à l’Antre Bio, un supermarché bio (situé juste après la sortie n°7 de la voie rapide Libourne-Bordeaux, pour ceux qui voudraient y aller de notre part). Puis vadrouille dans le secteur. Acheté un Chamaerops Humilis, petit palmier à la bonne rusticité, que je plante dès notre retour. Avant de consacrer la soirée à mes recherches pour la prochaine exposition de la Maison d’Ailleurs. Journée contrastée. C’est le Karma…

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