En continuant de ranger mon bureau, j’ai retrouvé un autre petit papier sur lequel est noté : mercredi 26 décembre 2012, sur France Inter, à 10h10, entendu un blaireau de base déclarer « C’est quelque chose de nouveau. C’est même assez inédit. » En fait, bien que quasiment rien n’ait été posté sur ce blog au cours des derniers mois, j’ai régulièrement pris des notes et griffouné des brouillons de notules. Mais je n’avais pas l’énergie de les mettre en forme puis en ligne. Ce ressenti fut pour moi assez nouveau – je dirais même, tant qu’à faire, pour ainsi dire inédit ou peu s’en faut. Chic planète.

A part cela, journée consacrée à NovaTerra, l’exo-planète que j’ai localisée il y a quatre ans dans le système de Proxima Centauri alpha. J’y retourne en début de semaine prochaine, avec quelques-unes de mes classes (dix, cette année) d’explorateurs. Il me faut bien préparer un peu les rencontres avec les gamins, trouver des idées d’ateliers d’écriture cohérents avec ce que nous avons accumulé comme "connaissances" sur la planète.

En décembre, je suis allé passer une semaine sur place. Ce fut galère sur galère : je devais voyager tout le dimanche pour être opérationnel, sur place, dès lundi matin… or tous les trains au départ de la gare de Bordeaux, y compris celui dans lequel j’avais posé mon séant et commencé à déballer mon kit de survie (mon ordi portable avec l’intégrale de Barnabie, un casque audio, une bouteille d’eau gazouse, un solide casse-croûte au pain complet et au fromage de chèvre, une boîte de 200 mouchoirs premier prix, un calepin et un stylo pour noter ce que l’univers ne manquerait pas de m’offrir comme cocasseries au cours du voyage), furent annulés, pour cause d’accident en sortie de gare… Putentrailles ! Deux heures plus tard, il fut évident que même si ça finissait par s’arranger c’était d’ors et déjà niqué pour la correspondance à Saint-Pierre des Corps. Bon, départ en définitive le lendemain, lundi, pour commencer mes visites mardi matin – et hop ! mardi matin, alors que je me caillais les amygdales dans la gare de Lyon Part-Dieu, immense nid à courant d’air où l’on vit dans l’angoisse permanente de se prendre une chiasse de pigeon au coin de l’œil ou de se faire piétiner par une horde de tire-valises hystériques, voilà-t-y pas que le train pour Dijon (je devais me rendre à Belleville-sur-Saône) se crut autorisé à afficher 15 mn de retard, puis 30, puis 45, puis 55, puis plus rien, le suivant ayant pris le relais : 15 mn, etc. Finalement j’arrive à Belleville où personne ne m’attend plus – forcément… Bon, retour à Saint-Etienne où je loge lorsqu’en région Rhône-Alpes je travaille. Et deux journées de niquées. Avec en prime, l’argument massue de la part de mon employeur que tout est de ma faute puisque je n’ai pas de téléphone portable et qu’on ne peut pas me joindre, et qu’en plus je préfère loger à Saint-Etienne chez des copains plutôt qu’à Lyon dans un hôtel à la con. C’est sûr que si j’avais eu un téléphone portable, j’aurais appelé dès dimanche le sémillant Jean-Jacques A. (qui ne peut rien me refuser depuis qu’on a fait connaissance aux Utopiales de Nantes) pour qu’il m’envoie un avion privé de la flotte gouvernementale. Chouette. Bon, sémillant, je déconne… Evidemment, mercredi c’est repos pour les enseignants. Donc ma semaine de décembre se résuma à un jeudi et à un demi-vendredi de visites – tout aussi galériennes avec panne de GPS un jour et, carrément, panne de voiture en pleine brousse le lendemain, avec à l’issue du massacre, l’obligation de revenir en janvier pour faire le tour des classes que je n’avais point vues. Bon. On est en janvier, départ après-demain…