Après une nuit (horrible : quelle ville de taborniauds !) passée à Palavas-les-Flots, chez la fille de mon amoureuse, nous arrivons sur le coup de midi à Jouangrand, hameau ardéchois isolé, acquis et retapé, maison après maison, à partir des années septante, par ma vieille copine Annie et son mari d’alors – oups ! désolé !… elle est pas si vieille, Annie ! Disons qu’on se connaît depuis un bon moment. Annie est depuis une presque éternité la compagne de Jiji – plus connu dans les mondes de la science-fiction et de la musique contemporaine sous le pseudonyme de Jean-Jacques Girardot. Jouangrand est au fin fond de nulle part, à flanc de montagne, quasiment au sommet, avec de l’air et de la lumière. Avec aussi des chats, des réserves de vivres et de picolle, une machine à pain et un stock de farine, un bout de jardin, des sources, des copains de passage en permanence, ainsi que, magnifique cerise sur le gâteau, un studio d’enregistrement (mobile et estival) dans la grange, avec des tonnes de guitares et d’amplis, et surtout ce fameux SE 90 Yamaha dont je vous ai entretenu à plus d’une reprise. Une certaine idée du bonheur – voire une idée certaine. Hélas, à peine arrivé au paradis, j’apprends de mes amis, visiblement choqués, le décès d’un de mes plus anciens compagnons de route…