Départ pour Bordeaux, en fin d’après-midi, pour rejoindre mon amoureuse. Nous partons ce week-end pour un stage de vielle à roue, dans les Pyrénées orientales. Autoroute. Circulation. Chaleur. Bruit. C’est plein tout partout de gens "en vacances". Il n’y a rien de pire que les vacances. Ne serait-ce que parce qu’elles définissent, a contrario, un autre concept, totalement vide de sens à mon point de vue, en tout cas totalement absent de mon univers mental, mais qui apparaît comme assez insupportable vu ce qu’en disent les gens concernés : le "boulot". Les vacances, c’est quand s’arrête le boulot. A force de côtoyer des gens appartenant à l’autre monde (celui où l’en s’ennuie, comme disait Olivier Rameau), j’ai fini par comprendre le concept de "vacances – enfin, je crois. Il semble que cela consiste, à une période prévue à l’avance ("prévoir à l’avance" : déjà un truc que je ne comprends pas vraiment… moi qui prends les choses comme elles viennent tout en les faisant venir quand elles doivent venir, me fais-je bien comprendre ?), à faire, à toute allure et le plus intensément possible (parce qu’il y a des gens qui vivent le présent moins intensément qu’ils pourrait le vivre ?), ce que l’on n’a pas le temps de faire pendant le reste de l’année ("ne pas avoir le temps" : autre truc que je ne comprends pas ; le temps ça se prend, c’est juste une question de choix, d’importance que l’on accorde à tel le ou telle occupation). Du coup, ça remplace une obligation subie (le boulot) par une obligation que l’on s’impose (les vacances). C’est où, l’intérêt ? Du coup, profitant de ses vacances, mon amoureuse va pouvoir se consacrer pendant deux semaines à la pratique de la vielle à roue. Cool. Moi qui pourrais me consacrer pendant deux semaines à la pratique du piano, quand je veux, j’ai tout de même vaguement honte de ne pas le faire. Un vrai scandale ! Dirait feu Georges Marchais, le célèbre humoriste de quand on était petit.