Temps incertain. Dès qu’il pleut, je regagne mon bureau et travaille pour la Maison d’Ailleurs – dès que la pluie s’interrompt, je retourne au jardin. Ping pong. J’ai évoqué hier mes bacs à pommes de terre. Comment ça marche ? Simple. Récupérer un gros carton plus ou moins cubique d’environ 35 cm de côté. L’emballer dans un grand sac poubelle ; rabattre les pans du dessus contre les parois intérieures ; rabattre ensuite le haut du sac poubelle à l’intérieur – le carton est très solide tant qu’il n’est pas mouillé, il faut donc protéger l’extérieur de la pluie. Ensuite organiser à l’intérieur une lasagne : un centimètre de déchirures de carton au fond, puis trois à quatre centimètres de BRF (bois raméal fragmenté : si vous ne disposez pas d’un broyeur, couper au sécateur des petits tronçons de rameaux de noisetiers, lauriers et tout arbuste qui nécessite d’être taillé de temps en temps), quinze centimètres de compost bien mûr et enfin dix centimètres de terreau. Enterrer une pomme de terre germée dans le terreau, pointe vers le haut, au centre. Recouvrir d’un peu de paillage et arroser. Dès que la tige pointe son nez, l’accompagner dans sa croissance en ajoutant du paillage au fur et à mesure. Rehausser si besoin les côtés du carton en glissant des plaques verticales. Au lieu de se développer dans le sol, les pommes de terre vont se développer dans le paillage et à hauteur humaine ; elles restent propres et sont faciles à récolter : il suffit d’écarter le paillage et de chercher un peu ! La productivité est excellente : jusqu’à un kilo et demi par pied. Ce qui vaut largement la peine (minimale) et l’investissement (quasi nul) si c’est pour cultiver des patates qui sortent de l’ordinaire et qui sont, quand on les trouve, plutôt coûteuses. Une fois encore, on notera que cette combine de jardinage, comme toutes mes combines de jardinage, vise à économiser mon temps et mon énergie : pas question de bosser pendant des plombes à des trucs aussi crétins (et foncièrement inutiles) que par exemple bêcher, pas question non plus de me fracasser le dos en jardinant au ras des pâquerettes !