3… 2… 1… Ignition !

Après Dargaud qui, depuis le début de l’année, détient les droits de l’ensemble du catalogue DC pour la France, désormais publié sous le label Urban Comics, c’est au tour de Glénat de se mettre aux comics avec une première salve de titres sortis en librairie en avril. Passons vite sur l’anecdotique Wolf-Man de Robert Kirkman et Jason Howard, oeuvre mineure du créateur de The Walking Dead, et sur N, adaptation par Marc Guggenheim et Alex Maleev d’une nouvelle de Stephen King figurant au sommaire du recueil Juste avant le Crépuscule, récemment réédité au Livre de Poche, pour nous arrêter plutôt sur deux mini-séries que l’on doit à la plume du prolifique (et souvent inspiré) Warren Ellis : Anna Mercury et Ignition City.

Dans Ignition City, Ellis et le dessinateur Gianluca Pagliarani revisitent l’âge d’or de la science-fiction. On ne sera donc pas étonné d’y croiser, sous des noms d’emprunt aisément identifiables, Flash Gordon, Buck Rogers ou le héros de serial Commando Cody, entre autres. Sauf que nous en sommes en 1956 et que les grandes heures de ces héros sont désormais loin derrière eux. Bowman l’Eclair s’est reconverti en trafiquant d’armes exotiques, son ex-fiancée Gayle Ransom a ouvert un bar mal famé, et le marshal Pomeroy, dans son uniforme d’homme-fusée, utilise la manière forte pour faire régner l’ordre à Ignition City, le spatioport où végète tout ce petit monde.

Ignition City est un récit sombre et violent. La magie et la légèreté de l’univers des pulps et des serials qui ont inspiré le scénariste se sont définitivement évaporées, ne reste plus que des personnages désabusés, tenus à l’écart de tout ce qui donnait jusqu’ alors un sens à leur existence. Leurs rêves d’autrefois ont été rattrapés par l’horreur du monde réel, qui ne laisse désormais plus aucune place à l’évasion et à l’insouciance qui étaient les leurs. Le récit fonctionne d’autant mieux que les planches de Gianluca Pagliarani illustrent à merveille ce qu’est devenu Ignition City, autrefois porte vers les étoiles, à présent cité sordide, crasseuse et mortelle. Situé à mi-chemin entre Planetary, pour son jeu permanent sur les héros mythiques du XXème siècle, et Orbiter pour sa nostalgie d’une certaine science-fiction, Ignition City figure assurément parmi les créations les plus importantes et réussies de Warren Ellis.

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Comparée à Ignition City, Anna Mercury apparait comme une œuvre assez mineure dans la bibliographie fournie de Warren Ellis. Mélange de science-fiction, d’espionnage et d’action débridée, cette première mini-série (une seconde est parue aux Etats-Unis depuis) met en scène une aventurière chargée en dernier recours d’intervenir dans divers mondes parallèles pour y maintenir un semblant d’ordre. Le récit alterne sans cesse entre de longs discours pseudo-scientifiques sur la nature de ces univers et des séquences d’action spectaculaires qui voient son héroïne virevolter au milieu d’une armée d’adversaires armés jusqu’aux dents. C’est dans ce dernier registre qu’Anna Mercury fonctionne le mieux, grâce au découpage extrêmement dynamique du dessinateur Facundo Percio. En revanche, son trait manque quelque peu de régularité, et la qualité de ses dessins varie beaucoup d’une planche à l’autre.

Globalement, Anna Mercury est assez décevant. Le concept des mondes parallèles au cœur du récit n’est pas inintéressant, mais Warren Ellis n’en tire pas grand-chose dans cette première histoire, et malgré quelques passages réussis, on reste au final sur sa faim. Anna Mercury reste toutefois plus intéressant que Gravel, dont Panini Comics publie le premier tome, série assez médiocre dont le personnage principal se situe quelque part entre le Dr. Strange et le Punisher. Un album d’autant moins intéressant que les illustrations de Mike Wolfer sont particulièrement indigentes.

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Desperate Housewife (with Guns)

Dans la catégorie « pour lecteurs avertis », signalons également la sortie, toujours chez Panini, de Jennifer Blood, mini-série signée Garth Ennis, accompagné pour l’occasion de trois artistes brésiliens, tous assez médiocres. L’histoire de Jennifer Fellows, femme au foyer modèle, passant ses journées à s’occuper de son mari et de ses deux enfants, mais qui, une fois la nuit tombée, charge son fusil d’assaut et part massacrer les pontes de la pègre locale. Une fois de plus, Ennis ne fait pas dans la dentelle, et l’on aura droit au fil des pages à quelques massacres fort peu ragoutants. Malheureusement, hormis quelques scènes sporadiques – dont un hommage au Titanic de James Cameron d’une élégance toute relative – l’ensemble ne fonctionne pas vraiment : le personnage de Jennifer Fellows, malgré son lourd passé qui nous est révélé progressivement, manque cruellement d’épaisseur, et ni sa vie de mère au foyer ordinaire, ni sa guerre sanglante contre le crime ne sortent jamais des sentiers battus. On réservera donc la lecture de Jennifer Blood aux inconditionnels des œuvres les plus potaches de Garth Ennis, genre The Boys, qui y trouveront peut-être leur compte.

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Autre scénariste provocateur, quoique bien moins doué que Garth Ennis dans le genre, Mark Millar, une fois n’est pas coutume, met de l’eau dans son vin avec sa dernière création en date, Superior, illustrée par Leinil Yu. Millar nous raconte l’histoire de Simon Pooni, un adolescent cloué dans un fauteuil roulant par une sclérose en plaque, qui voit son vœu le plus cher se réaliser en devenant soudain Superior, le super-héros dont il suit les aventures depuis sa plus tendre enfance. L’occasion pour le scénariste de s’essayer à un récit super-héroïque on ne peut plus classique en mettant en scène cet ersatz de Superman, capable d’empêcher une station spatiale de s’écraser sur New York ou d’arrêter un train lancé à pleine vitesse. Un récit des plus conventionnels, donc, qui vaut surtout pour les dessins de Leinil Yu, bien meilleurs que ce qu’il a pu produire chez Marvel ces dernières années.

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Cops vs. Gangsters vs. Vampires vs. Aliens

Si Turf est la première série écrite par l’Anglais Jonathan Ross, son nom n’est peut-être pas tout à fait inconnu des amateurs de comics. On lui doit en effet, il y a quelques années, un passionnant documentaire, « In Search of Steve Ditko », consacré au légendaire et énigmatique créateur de Spider-Man ou du Dr. Strange, diffusé par la BBC. En compagnie du toujours formidable Tommy Lee Edwards (Marvel 1985, Bullet Points, The Question), il nous offre ici une histoire située à New York en 1929, en pleine prohibition. Alors que gangsters et police s’affrontent, une famille de vampires européens débarque sur la Côté Est et se lance dans une guerre de territoires. Et histoire de compliquer encore la donne, un vaisseau alien, à bord duquel se trouvent deux criminels extraterrestres, s’écrase sur Coney Island. A force de multiplier les personnages et les actions, le récit de Jonathan Ross finit par être quelque peu bordélique, mais l’ensemble se lit d’autant mieux que l’ambiance de film noir et l’esthétique années 20 conviennent à merveille au style de Tommy Lee Edwards. Dans le genre, une très agréable découverte.

5 Turf

Dans le registre du polar, on conseillera également la lecture de Near Death, de Jay Faerber et Simone Guglielmini, dont les éditions Atlantic BD viennent de publier le premier volume. L’histoire est celle de Markham, un tueur à gages qui va brusquement changer de vie. Grièvement blessé alors qu’il s’apprêtait à remplir l’un de ses contrats, il est déclaré mort durant quelques dizaines de secondes. Le temps pour lui de faire une expérience singulière, puisqu’il rencontre dans l’au-delà l’ensemble de ses victimes. Hallucination ou vision mystique, l’expérience le secoue à tel point que, de retour dans le monde des vivants, il décide de se racheter et de sauver des vies plutôt que de les prendre.

Le scénariste Jay Faerber abandonne pour l’occasion le registre super-héroïque dans lequel il a l’habitude d’évoluer (on lui doit notamment les très sympathiques mais méconnues séries Noble Causes ou Dynamo 5) pour s’essayer au polar. L’idée de départ est astucieuse, le résultat est assez sympathique, même s’il manque un peu de consistance. Chaque épisode (l’album en réunit cinq) voit Markham venir en aide à un nouvel individu menacé de mort. Même si le principe ne change guère d’un récit à l’autre, les situations auxquelles fait face Markham sont suffisamment variées pour qu’on évite toute impression de lassitude et de répétition.

Autre point positif de Near Death : le travail de l’italien Simone Guglielmini, dans un style très proche de celui de Sean Phillips, devenu depuis Criminal et Incognito LA référence en matière de comics noirs. Il manque un peu de densité à Near Death pour en faire une lecture indispensable, mais le résultat est plus qu’honorable et mérite qu’on s’y intéresse.

6 Near Death

War !

L’une des plus belles trouvailles à avoir fait son apparition chez les libraires récemment, c’est la nouvelle version du Soldat Inconnu, vieux personnage DC créé dans les années 60 par Robert Kanigher et Joe Kubert, qui a depuis connu de multiples incarnations, dont l’une, dans les années 90, signée Garth Ennis et Kilian Plunkett, était parue en France aux éditions du Téméraire. De 2009 à 2011, une nouvelle série fut publiée aux Etats-Unis sous le label Vertigo, scénarisée par Joshua Dysart et dessinée par Alberto Ponticelli. C’est cette version que nous propose aujourd’hui Urban Comics. L’action se déroule en 2002 en Ouganda, en pleine guerre civile. Le docteur Lwanga Moses, qui y est né mais a grandi aux Etats-Unis, a décidé d’y retourner en compagnie de son épouse afin de venir en aide aux populations victimes des exactions des diverses milices qui s’affrontent. Mais il va rapidement être submergé par la folie qui s’est emparée du pays et abandonner sa tenue de médecin pour revêtir l’uniforme d’une véritable machine à tuer.

Soldat inconnu est une histoire d’une violence inouïe, d’autant plus terrifiante que la plupart des protagonistes qu’elle met en scène ne sont que des enfants, transformés en soldats et menant une guerre dont ils sont les premières victimes. Joshua Dysart s’est beaucoup documenté sur son sujet et le résultat n’en est que plus fort. Soldat inconnu est une plongée en apnée dans la folie d’un homme et celle, collective, d’un pays. L’une des toutes meilleures séries Vertigo de ces dernières années.

7 Unknown Soldier

Avengers Assemble !

La sortie du film de Joss Whedon approchant, les parutions liées aux séries Avengers se multiplient, et il devrait y en avoir pour tous les goûts. Les fans de la dernière heure pourront ainsi retrouver en librairie le premier tome des Dark Avengers, réunissant des épisodes parus en kiosque il y a deux ans, et mettant en scène l’équipe de criminels de Norman Osborn, alias le Bouffon Vert, qui a pris la place des anciens héros durant quelques mois. Pour les nostalgiques du silver age, on conseillera plutôt l’intégrale 1970, septième volume de la série, qui réunit les numéros 72 à 83, signés Roy Thomas et un John Buscema au sommet de son art, encré par Tom Palmer. L’occasion également de retrouver des vilains aussi pittoresques que le Zodiaque, Arkon le Magnifique, Man-Ape ou la Lethal Legion. Toute une époque…

8 Avengers

On retrouve le même duo d’artistes une quinzaine d’années plus tard dans l’album Etat de Siège, écrit par Roger Stern. Un classique mineur de la série, dans lequel les Maîtres du Mal investissent le manoir des Vengeurs et parviennent à y faire des dégâts considérables. Un récit qui avait été assez lourdement censuré lors de sa première parution, dans les pages de Strange, à redécouvrir ici dans son intégralité.

Lost in Space

Du côté des périodiques, Les Trésors de Picsou est une revue dont l’achat est indispensable pour tout amateur de BD qui se respecte. Mais le dernier numéro en date est d’autant plus conseillé qu’il s’agit d’un numéro spécial aventures spatiales. Au sommaire, plus d’une douzaine de récits de s-f plus ou moins fantaisistes (plutôt plus d’ailleurs), datant des années 40 aux années 90, dont sept signés Carl Barks et deux signés Don Rosa. Parmi les meilleurs, signalons « La Lune de 24 carats », dans lequel Picsou s’embarque dans une course pour être le premier à mettre le pied sur une lune entièrement faite d’or. Une course à la richesse qui finit en conte moral touchant dans ses dernières pages. « L’Attaque des abominables monstres de l’espace » est un récit foutraque de Don Rosa, au cours duquel Picsou, Donald et les Castors Junior rencontrent une famille d’aliens farfelus au cœur de la ceinture d’astéroïdes. Quant à « Une Lettre pour Vénus » de Barks, Picsou y relève le défi d’être le premier à acheminer du courrier jusqu’à cette lointaine planète. Si les autres histoires au sommaire sont un poil en-deçà, le résultat n’est est pas moins souvent réjouissant à lire.

Côté Disney, signalons au passage la parution en librairie du deuxième tome de L’Âge d’Or de Mickey Mouse, chez Glénat, sur lequel je reviendrai sans doute le mois prochain.

Allez les Verts !

Deuxième mois de présence en kiosque pour les titres Urban Comics, qui prennent la relève des revues Panini pour publier en France les principales séries DC Comics. Outre le deuxième numéro de Flashpoint, sur lequel je reviendrai plus bas, l’éditeur a lancé en avril un nouveau titre, Green Lantern Showcase, regroupant les différentes séries consacrées à ce(s) personnage(s). Séries qui se recoupent au sein d’un nouveau cross-over, « La Guerre des Green Lantern ». L’ensemble du Green Lantern Corps y est victime d’une machination de Krona, le Gardien déchu, qui va prendre le contrôle de la lanterne centrale fournissant leur énergie à tous les membres du Corps. L’essentiel de cette histoire est mis en place dans les deux premiers épisodes, signés Geoff Johns et Doug Mahnke, et dans les suivants la situation ne va plus guère évoluer, le récit se diluant au fil des différentes escarmouches auxquelles participent les derniers Green Lantern à résister à l’influence de Krona et de Parallax, l’incarnation de la peur. Bref : du super-héros cosmique classique, ni très inventif, ni très rythmé, ni très intéressant. Le plus étant une nouvelle fois le fort pertinent appareil critique accompagnant ces récits, qui devrait permettre aux plus néophytes des lecteurs de cette revue de se familiariser avec les nombreux personnages qui s’y croisent.

On conseillera davantage la lecture de Flashpoint n°2. Non que la mini-série éponyme, par Geoff Johns et Andy Kubert, soit de très grande qualité. On continue d’y suivre les aventures de Flash dans un monde qui n’est pas le sien, et où les héros qu’il a l’habitude de côtoyer n’existent pas ou sont bien différents du souvenir qu’il en a. Un monde en plein chaos, où l’Europe de l’ouest a disparu sous les flots et où le Royaume-Uni a été rasé par les Amazones de Wonder Woman. Geoff Johns continue donc de s’amuser à réinventer les principales icones de l’univers DC dans un contexte cataclysmique, avec plus ou moins d’imagination. De ce point de vue, son Batman parvient à être plus sombre encore que celui que nous connaissons, et ce que nous apprenons de Superman dans les dernières pages de la revue offre quelques perspectives intéressantes.

La très bonne surprise de ce numéro, c’est la mini-série Batman : Knight of Vengeance, de Brian Azzarello et Eduardo Risso, le duo à l’origine de la très estimable et très noire série 100 Bullets. Ce n’est pas la première fois qu’Azzarello et Risso s’intéressent à Batman, mais ce récit est sans doute le meilleur qu’ils lui ont consacré. Le duel opposant Batman et Joker prend ici une tournure des plus vicieuses, et fonctionne d’autant mieux qu’il découle d’un drame familial particulièrement tragique. Au-delà du petit jeu de références consistant à réinventer les principales figures de l’univers Batman dans le cadre de l’univers parallèle de Flashpoint, Brian Azzarello signe un récit assez fort, et Eduardo Risso est comme un poisson dans l’eau lorsqu’il s’agit de mettre en scène les bas-fonds de Gotham City.

9 Knight of Vengeance

Même pas peur !

Du côté de chez Marvel, l’heure est toujours à Fear Itself, le cross-over qui touche la plupart des séries, des Vengeurs à Spider-Man, et qui s’achèvera le mois prochain. Même si la mini-série éponyme est des plus convenues, accumulant mécaniquement les scènes de destruction massive, elle ouvre toutefois la porte à quelques récits secondaires assez réussis. C’est le cas des épisodes de la série Avengers Academy réunis dans Marvel Heroes Extra n°10. Rappelons que la série met en scène un groupe de jeunes super-humains réunis à l’origine par Norman Osborn qui voulait en faire une nouvelle génération de criminels. Repris en main par quelques anciens Vengeurs, Giant-Man et Tigra en tête, ces adolescents se sont vu offrir une nouvelle chance. Le scénariste Christos Gage plonge ici ses personnages au cœur des évènements de Fear Itself, où chacun d’entre eux sera amené à faire des choix dramatiques. Le récit fonctionne d’autant mieux que ses protagonistes sont des adolescents fragiles, qui doutent d’eux-mêmes, et que rien n’avait préparé à l’horreur et à la violence qui les attendent. Ce sont tous ces petits moments d’humanité et d’intimité, la détresse de ces personnages, qui font de ce numéro de Marvel Heroes Extra une lecture tout à fait conseillable, à peu près ce qui se fait de mieux en matière de récit super-héroïque traditionnel.

10 Avengers Academy

En bref

Deux nouvelles revues Panini font leur apparition chez les marchands de journaux ce mois-ci. La première, Marvel Movies, est, comme son nom l’indique, consacrée aux adaptations de films et aux mini-séries ou one-shots en rapport avec les sorties cinématographiques récentes ou à venir. Ce premier numéro, dédié à Iron Man, est à fuir comme la peste, tant les différents récits au sommaire sont d’une vacuité stupéfiante. Assurément ce qu’on pourra lire de pire ce mois-ci.

L’autre nouveauté n’en est pas vraiment une, puisque Marvel Universe a repris sa numérotation au numéro 1, sans qu’on comprenne bien pourquoi. Au menu : les premiers épisodes de la mini-série The Thanos Imperative. Comme d’habitude pour ce type de récits cosmiques, on retrouve le duo Dan Abnett / Andy Lanning aux commandes, et comme toujours le résultat est assez réjouissant. Voilà quelques années qu’Abnett et Lanning ont ressuscité le pan cosmique de l’univers Marvel, ramené des limbes quantité de personnages oubliés depuis des lustres (les Gardiens de la Galaxie, Rocket Raccoon, Mantis, Bug et j’en passe) et réuni tout ce petit monde au sein d’un ensemble touffu mais cohérent, se développant au fil de diverses séries et mini-séries. Les scénaristes poursuivent également dans la démesure, en faisant cette fois s’affronter deux univers. Les morts se comptent par milliards, des entités immortelles périssent, Thanos le dieu fou fait son grand retour, et il n’est pas le seul. Abnett et Lanning maîtrisent à merveille ce type de récit foisonnant, dans lequel les intrigues parallèles se multiplient, mettant en scène quantité de protagonistes, tout en étant d’une lisibilité exemplaire. Bref, tout ce que Geoff Johns peine à mettre en place dans « La Guerre des Green Lantern », Abnett et Lanning le réalisent avec une habileté et une aisance qui forcent le respect. En matière de space-opera super-héroïque, on ne fait pas mieux.

11 Thanos Imperative

Pour les nostalgiques des seventies, signalons la parution de Marvel Classic n°6, consacré au Fauve. Le premier épisode, paru en 1971 dans Amazing Adventures #11,est celui dans lequel le membre originel des X-Men est devenu le monstre à la fourrure bleue que l’on connait aujourd’hui. Un récit signé Gerry Conway et Tom Sutton, qui faisait du personnage une figure tragique et l’éloignait de l’univers super-héroïque qui avait été le sien jusqu’alors pour le rapprocher des monster comics très en vogue à l’époque (Monster of Frankenstein, the Living Mummy, Morbius et quelques autres personnages lancés par Marvel à cette époque). Suivent quatre épisodes de la série Avengers (#137 à 140, datant de 1975) dans lesquels le Fauve rejoignit l’équipe. Ces épisodes, que l’on doit à Steve Englehart et George Tuska et qui mettent en scène des vilains aussi risibles que le Crapaud ou Cyclone, sont tout à fait anecdotiques, mais permettent de voir l’évolution qu’à connu le personnage, abandonnant le registre tragique pour prendre une tonalité bien plus légère. La revue s’achève avec les origines du personnage, parues dans la première série X-Men en 1968, écrites par Arnold Drake et dessinées par Werner Roth. Un récit tout à fait kitsch, en particulier lorsqu’apparait le vilain de l’histoire, un certain Conquistador… (sans oublier son bras droit, Chico). Ridicule mais rigolo.

12 Amazing Adventures

Terminons enfin en signalant dans les pages de Marvel Icons n°15 un épisode des Avengers dessiné par un artiste mythique : Neal Adams. Voilà plus de trente ans que ce dessinateur, l’un des plus importants des années 60 et 70, s’est fait rare, et les occasions de retrouver son trait si particulier sont trop rares pour qu’on passe à côté de celle-ci. Alors certes, ses planches n’ont plus tout à fait l’élégance ni l’énergie de celles qu’il a pu signer naguère, n’empêche que le maître, 70 ans au compteur, a encore de beaux restes.

En librairie :

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Ignition City, Glénat Comics, 144 pp, 14,95 €
Anna Mercury tome 1 : Sur le Fil du Rasoir, Glénat Comics, 144 pp, 14,95 €
Jennifer Blood tome 1, coll. 100% Fusion Comics, Panini Comics, 144 pp, 13,20 €

cosmicomics-2012-04-D-Superior.jpgcosmicomics-2012-04-E-Turf.jpgcosmicomics-2012-04-F-Near-Death.jpg
Superior tome 1 : Le Voeu Magique, coll. 100% Fusion Comics, Panini Comics, 104 pp, 11,20 €
Turf, coll. Atmosphères, Emmanuel Proust ed., 96 pp, 15,50 €
Near Death tome 1 : Nettoyage de Bilan, Atlantic BD, 120 pp, 12,95 €

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Soldat Inconnu tome 1 : Possédé, Urban Comics, Dargaud, 144 pp, 15 €
Dark Avengers tome 1, 100% Marvel, Panini Comics, 312 pp, 28,40 €
Avengers : l’Intégrale 1970, Marvel Classic, Panini Comics, 248 pp, 28,40 €
Avengers : Etat de Siège, Best of Marvel, Panini Comics, 192 pp, 23,40 €

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En kiosque :

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Les Trésors de Picsou n°18, Hachette, 244 pp, 4,90 €
Green Lantern Showcase n°1, Urban Comics, Dargaud, 144 pp, 5,60 €
Flashpoint n°2, Urban Comics, 128 pp, 5,60 €

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Marvel Heroes Extra n°10, Panini Comics, 128 pp, 5,70 €
Marvel Movies n°1, Panini Comics, 96 pp, 5,50 €
Marvel Universe n°1, Panini Comics, 128 pp, 5,70 €

cosmicomics-2012-04-Q-Marvel-Classic-6.jpgcosmicomics-2012-04-R-Marvel-Icons-15.jpg
Marvel Classic n°6, Panini Comics, 160 pp, 5,90 €
Marvel Icons n°15, Panini Comics, 96 pp, 4,70 €