Exploration du quartier des anciens quais, côté sud-est du fleuve. Déjeuner dans un restaurant italien. Nouveau passage au boulevard Lemonnier – quelques acquisitions au Pêle-Mêle (des livres anciens sur le bouddhisme, je suis en train de monter une bibliothèque de référence sur le sujet) ; hélas, nous sommes en train… ce qui restreint cruellement le volume transportable. Il y a une quinzaine d’années – que dis-je… c’était il y a presque vingt ans – j’arrivais à l’ouverture et garais la voiture de l’autre côté du boulevard ; puis je passais la matinée au Pêle-Mêle, explorant les rayons l’un après l’autre, je remplissais de livres deux énormes sacs, je m’empressais de payer et j’allais les vider dans le coffre de la voiture, avant d’y retourner ! Je passais l’après-midi de la même manière, mais chez la concurrence – chez Philo, en face, et dans les boutiques de la rue du Midi, tout à côté, puis j’allais Chaussée de Wavre où il y avait, à l’époque, plusieurs bonnes librairies BD ; en fin de journée je rentrais en France, avec plusieurs centaines de bouquins et d’albums dans la voiture. Dire que c’était le bon temps serait peu dire ! J’ai ainsi, au fil des années, constitué une collection quasi complète de tous les livres édités par Marabout, depuis les origines jusqu’aux années septante, dans l’optique – un jour ! – d’écrire un livre détaillé sur le sujet ; pour faire suite au gigantesque Répertoire des Éditions Marabout que j’ai autoédité au milieu des années nonante et dont j’ai bien du vendre… dix exemplaires (le genre de travail qui n’intéresse quasiment personne !). A cette époque, ma bibliothèque personnelle comportait près de quarante mille livres, albums et numéros de périodiques ; depuis j’ai fait beaucoup de progrès, je n’en ai plus qu’environ quinze mille… Après le Pêle-Mêle, nous allons visiter quelques boutiques BD. Dans l’une d’elle, je tombe sur un rayon incroyable de productions provenant de micro-éditeurs. J’aperçois même plusieurs volumes de l’Intégrale des aventures de Flash Gordon publiées dans le Journal de Mickey d’après-guerre, édités à la demande par Michael Palard. J’y découvre aussi un des volumes très grand format (et fort onéreux !) d’une réédition en fac-simile du Téméraire, rarissime journal de BD collaborationniste, plein de BD de SF et de considérations sur divers mythes modernes comme la cryptozoologie et l’archéologie fantastique, l’ensemble touillé à la sauce national-socialiste ; leur auteur vedette était Pierre Devaux – qui par la suite devint chez Magnard la star de la SF pour adolescents, avec au moins un hyper-classique, X-P 15 en feu ! ; après-guerre, les dessinateurs et scénaristes du Téméraire comptèrent au nombre des stars de la presse enfantine communiste (en particulier Vaillant) : amusant (mais peu étonnant, en fait) de constater que la presse communiste de l’après-guerre a recyclé sans le moindre état d’âme les pires collaborateurs de la presse nazi ! Hélas, pour des raisons bassement budgétaires, je dois choisir entre cette réédition du Téméraire et un ouvrage de référence, très illustré, écrit par le regretté Thierry Martens et consacré à la série des Héroic-Albums, hebdomadaire BD à peu près inconnu en France (à l’inverse de Spirou et Tintin, il n’eut pas d’édition française) mais des plus importants, dans l’histoire de la BD franco-belge. Il n’y a pas photo : je donne toujours la priorité à ce qui peut enrichir ma bibliothèque de référence. Bonne pioche et excellent investissement : la plongée, le soir même, dans L’Aventure des Héroic-Albums s’avère tout à fait passionnante. jhb-mars12-heroic.jpg