Premier jour du printemps. Il est tombé un peu d’eau – trop peu pour abreuver la terre, sèche, mais assez pour remouiller mon linge étendu sous les pruniers. Comme disait ma grand-mère, à moins que ce ne soit l’Agenda de Rustica : « Jamais pluie de printemps n’a passé pour mauvais temps ». Sauf, bien entendu, pour les urbains… Semé de la ciboule, de la ciboulette et des radis – dix-huit, précisément. Je ne me fais guère d’illusions pour ces derniers, s’il ne pleut pas en mon absence, ils ne pousseront pas. Planté deux touffes de petite pimprenelle que j’avais déplacées et mises en pots, en attente, à l’automne – pour qui ne le saurait pas, les jeunes feuilles de petite pimprenelle ont un délicieux goût de concombre et agrémentent les salades. Récupéré également plein de petites touffes de mélisse – cela se ressème tout seul et colonise vite les recoins de n’importe quel jardin, comme la petite pimprenelle d’ailleurs. J’enlève avec précaution toute cette végétation spontanée des allées et la replante dans les massifs, ce qui me permettra de donner de beaux plants aux copains de passage. Semé à la volée un gros cornet de graines d’ancolies récoltées il y a un an et demi – quelques-unes auront bien conservé leur pouvoir germinatif ; idem pour des pavots de Californie. Je dois avoir un cornet de graines de nigelle dans un coin, mais je ne le retrouve pas. J’ai simplement tassé un peu la terre, histoire que les oiseaux ne viennent pas tout picorer. Poussera ce qui poussera. Et ça sera bien ainsi.