Retour à mon fin fond de nulle part après une journée train et une nuit bordelaise. Les pruniers sont en fleurs et les tulipes fleurissent ça et là en tâches de couleurs inattendues — de l’intérêt d’acheter des bulbes en mélange et de les planter au hasard des coins et recoins. Il y a encore pas mal de nettoyage à faire. Mais pas question de céder à l’appel du jardin : le week-end devra être consacré à ma boutique eBay et au traitement des ventes faites en mon absence. Les acheteurs ont été prévenus au jour le jour qu’il y aurait un délai dans la livraison, pour cause de déplacement professionnel ; je leur ai proposé à tous d’annuler la vente si ce délai leur posait un problème – ce qui est la moindre des choses, une partie des ventes sur eBay se fait à l’impulsion et, par ailleurs, il peut arriver que l’on ait un besoin urgent d’un ouvrage. Mais tous ont confirmé leur intérêt et accepté le délai supplémentaire dans la livraison. A moi de remplir ma part du contrat et de tout déposer à la poste du village dès lundi matin. Comme plusieurs commandes concernent mes petites éditions, je dois également imprimer quelques albums en rupture de stock. Je troque donc mon costume d’écrivain-muséographe contre mes habits de bouquiniste-éditeur — avant de pouvoir me glisser, dès lundi midi, dans ma panoplie de bricoleur-jardinier. Il y a quelque chose de singulièrement délicieux dans ces métamorphoses — ou de délicieusement singulier, c’est au choix.