Journée partagée entre ma boutique ebay et mes éditions. Les temps sont durs : il y a quatre ou cinq ventes par semaine, en général d’un de mes albums de BD ou d’un livre de SF de ces dernières années, fort commun de mon point de vue, mais qui se trouve sans doute être actuellement épuisé – je mets en vente au fil des semaines et depuis maintenant plusieurs années la plus grosse partie de mes archives SF et fantastique, donc des ouvrages neufs ou à l’état neuf (je suis soigneux !) au prix de l’occasion. Même avec les frais de port, les gens ne paient pas plus cher que s’ils achetaient en librairie, je suppose donc que tout le monde s’y retrouve. Si ce n’est que ça me prend un temps infini à faire des petits paquets bien solides et aller les déposer à la poste, surtout depuis que celle du village a fermé ses portes et qu’il faut aller à un autre village, plus loin. Du côté de mes éditions, je suis enfin parvenu à trouver les quelques jours nécessaires à la fabrication de deux titres mis en souscription il y a belle lurette : un troisième volume consacré aux Strange Sports Stories de Carmine Infantino et le cinquième tome de Saturne contre la Terre. Je triche un peu : je surveille de loin le ronronnement de l’imprimante tandis que je travaille au jardin ! J’ai terminé ce jour l’impression des vingt premiers exemplaires du Saturne contre la Terre, un space opéra d’origine italienne, publié de 1936 à 1946 – il y aura sept volumes, je sors ces jours le cinquième. Les éditions françaises sont de la même époque, absolument rarissimes et hors de prix – il y a quelques années, j’ai dû payer 40€ un petit fascicule de 16 pages que je voyais enfin pour la première fois ! Je suis très heureux de faire ces rééditions de BD de SF rares et intéressantes. Parfois, la quête des originaux – dans le cas d’une unique publication en périodiques avant-guerre – s’est faite sur plusieurs décennies. Il faut être patient – ou avoir des idées fixes. Je suis patient et j’ai sans doute des idées fixes ! A part sa couverture en couleurs, le Strange Sports Stories est un album en noir et blanc, réalisé avec une imprimante laser à toner, donc le coût de fabrication est raisonnable. Par contre le Saturne a été entièrement réalisé avec une imprimante couleurs à jet d’encre de marque Epson, la moitié des pages étant en couleurs et l’autre moitié étant trop peu contrastée pour obtenir un bon résultat avec une laser noir et blanc, même après travail de restauration sur les originaux. J’ai fabriqué vingt exemplaires – soit un tirage de 360 feuilles qui a consommé une douzaine de cartouches d’encre… quant on sait le coût de ces petites choses (une honte !) et qu’on y ajoute le prix du papier, du carton de couverture et de la toile adhésive de la reliure, on aurait sans doute tendance à me conseiller de faire un stage de gestion avant de couler la baraque ! Rassurez-vous : la baraque a coulé depuis longtemps. Au risque d’en faire rire certains – tant pis pour eux – je vous expliquerai un jour en quoi réaliser ces albums de manière aussi artisanale est à la fois une forme de méditation et une pratique du don de soi. Tout comme d’avoir peint l’an passé la façade de la petite maison avec un pinceau, et non au rouleau. Bien entendu, même après cela, vous continuerez d’avoir le droit de penser que je suis parfois un peu étrange. Ca doit faire partie de mon charme ! ;o)