Passé chez ma toubibette hier, en fin de journée. Grosse surprise : depuis ma dernière visite en novembre dernier, il y a tout juste trois mois, j’ai perdu huit kilos. Alors que ces derniers temps, je me suis nourri un peu n’importe comment. Le froid m’a fait perdre l’envie de me concocter de bons petits plats végétariens – et sans doute ai-je brûlé une partie de mes réserves. En début d’après-midi, alors que je suis toujours à débiter les tas de branches de mimosas, j’aperçois soudain un vulcain voleter devant la porte vitrée du chalet. Premier papillon de la saison. Instant de magie. Quelques minutes plus tard, un joyeux bordel sonore me fait lever les yeux vers le ciel. Les oies cendrées sont de retour ! Une formation en V d’une cinquantaine d’oiseaux passe tout là-haut, en direction du nord… avant de se mettre à tourner en rond. Elles apparaissent et disparaissent, selon la partie de leur corps qui fait face au soleil. Une deuxième formation rejoint bientôt la première. Deux minutes plus tard, c’est une troisième vague qui se fond dans l’ensemble. Il y a maintenant pas loin de deux cents oies engagées dans une immense ronde. Jusqu’à ce qu’elles parviennent enfin à prendre le vent – une formation unique se constitue, immense cette fois, et reprend sa route en obliquant légèrement vers le nord-est. Elles disparaissent bientôt. C’est la fin de l’hiver. Et l’occasion de relire Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède, de Selma Lagerlöf, en compagnie de la vieille Akka de Kebnekajse et de sa troupe d’oies sauvages.