Bel après-midi ensoleillé et sans vent. Le thermomètre extérieur indique 13 degrés. Journée passée en extérieur à apporter du compost sur la planche où j’ai cultivé, l’an dernier, des pommes de terre ; puis je me concentre sur la préparation du cercle de pierres. Coupé à la scie à main les mimosas, aussi haut que possible afin de minimiser les dégâts collatéraux – ce qu’on coupe tombe rarement où l’on voudrait, et là ce sont des segments branchus et feuillus parfois longs de quatre mètres qui dégringolent d’une hauteur de deux mètres, mieux vaut ne pas être en-dessous. Puis débarrassé les troncs encore en place des branches latérales – à la cisaille et au sécateur. Les troncs au centre du bosquet sont les plus anciens et aussi les plus hauts (ils font jusqu’à six mètres et davantage) et les plus larges (certains dépassent les quinze centimètres de diamètre). A la fin de l’après-midi il ne reste qu’une douzaine de troncs dénudés, lisses et marbrés, étrangement fichés dans le sol, comme des côtes de mammouth ou de cétacés émergeant du pergélisol de la taïga : cela pourrait servir de montant à une hutte. Bien que manier la scie à bout de bras levé soit assez pénible, le plus dur reste à faire : nettoyer tout cela avant de couper le reliquat à ras du sol et, surtout, d’extirper les souches. Vers dix-huit heures la température chute soudain et en moins d’une heure, on passe de treize degrés à trois degrés ! Mauvais présage pour la nuit qui s’annonce.