Début du dégel : l’herbe réapparaît ça et là tandis qu’une nouvelle fuite d’eau jaillit dans la salle de bains, toujours au niveau des anciennes soudures. En commentaire à mes réflexions d’hier, on m’apprend que Whitney Houston était la star planétaire de la « variété de qualité ». Ah bon ? Je croyais que c’était Céline Dion !? Dans la foulée, j’apprends qu’une autre star planétaire, cette fois de ce que l’on nomme « are-end-bi » (c’est du moins ce que j’ai compris oralement ; bi quoi ? bissextile ?) est aussi décédée il y a peu : une certaine Amy Winehouse (« Maison du Vin ? », tu parles d’un nom !). A peine entendu parler mais jamais entendu chanter – je vis sans doute trop loin de tout à moins que je ne passe pas assez de temps sur internet pour être au mieux au courant de l’insignifiance de l’époque ? Bon, je vais faire simple : j’ai grandi en écoutant Janis Joplin, Carly Simon, Maggie Bell, Carole King, Aretha Franklin… Et du côté des voix masculines, j’ai été biberonné à Otis Redding par ma mère – qui était membre de son fan club étasunien, sûrement l’unique membre en France ! Avant de me tourner, à l’adolescence, vers les harmonies vocales à la Simon and Garfunkel, Crosby Stills Nash and Young, Poco… Alors en catégorie cordes vocales, les stars d’aujourd’hui, vous comprenez, il faut qu’elles soient vraiment hors-du-commun pour émoustiller mes oreilles. Trop de notes, trop d’esbroufe et d’effets vocaux convenus – mais pas une once d’émotion. Comme je ne veux pas être (totalement) de mauvaise foi, j’ai écouté sur internet Whitney Houston que j’avais jusqu’à ce jour aisément ignorée. Outre son physique, cette femme avait certes un don (sa voix : énorme potentiel) et elle a bossé, ça s’entend. Hélas, au final, les chansons qu’elle propose sont totalement convenues, sans la moindre surprise, et n’ont que l’intérêt dont les gratifie une critique asservie et inculte. Ma grand-mère paternelle qui, entre les deux guerres, jouait de la mandoline au sein de l’orchestre familial, appelait ce genre de nuisance auditive « de la musique plein la brouette ». Désolé, les morts n’ont pas tous les talents. Par contre, et c’est fort heureux, il y a des vivants qui valent qu’on s’intéresse à eux – comme un certain Philippe Jaroussky dont on aurait pu penser qu’il fut un ange s’il avait été blond plutôt que brun, mais qui n’en est pas moins en train de révolutionner la Musique Baroque. Lui, il chante.