Ce matin, à 8h, il ne fait qu’un tout petit degré dans le chalet. Les quatorze degrés difficilement atteints hier, en fin de soirée, ont fondu comme neige au soleil – enfin… si l’on peut dire. Il n’a jamais fait aussi froid. Des pointes de givre dépassent de la partie du plafond qui n’est pas isolée – tout le tiers supérieur de la pente face à l’est et la quasi-totalité de la pente exposée à l’ouest. Ce sont les extrémités des clous qui maintiennent les plaques de shingle, et qui dépassent du plancher de toiture. Selon la météo, il fait -9°c à l’extérieur, et les clous sont simplement gelés ; le métal étant un excellent conducteur, de froid comme de chaud, je me retrouve sous un saupoudrage de pointes gelées sur lesquelles la condensation s’est transformée en glace. J’espère juste que cela ne va pas se transformer en autant de séries de goutes d’eau. Chaque jour, la météo repousse d’un jour le début du réchauffement. La semaine dernière, on annonçait le recul du froid pour mercredi (hier) et aujourd’hui il fait plus froid qu’il n’a jamais fait. C’est vraiment une profession de zozos. Des je-sais-tout qui ne savent rien. En réalité, la prévision météorologique ne dépasse guère le constat du temps qu’il fait de l’autre côté de la fenêtre et à trois cents mètres à la ronde. A plus de quarante-huit heures, autant interroger le Yi-King ou tirer les tarots. La recherche d’information par synchronicité ne serait pas moins efficace que le décryptage statistique d’un nombre invraisemblable de relations de causes à effets, auquel se livrent les météorologues avec leurs gros ordinateurs aussi peu finauds qu’eux.