Ballade au Parc de Bourran, à Mérignac. Un bel endroit. Vers 1870, le paysagiste Le Breton crée un jardin à l’anglaise, avec ses petits endroits à peine entretenus, ses ruines – vraies et fausses. Dix-sept hectares pour accueillir un lac alimenté par une captation de la Devèze, un des deux principaux cours d’eau qui traversent Bordeaux – pour ceux qui connaissent un peu la vieille ville, la Devèze circule sous la rue de la Devise et, à l’époque de la seconde ville romaine, elle alimentait le port intérieur, grosso modo à l’actuel emplacement de l’église Saint-Pierre. Intéressant mélange de naturel – les deux îles ne sont pas accessibles et offrent un refuge à de nombreux oiseaux – et de bricolage, comme ces faux troncs d’arbres en ciment qui camouflent le système d’alimentation du lac. Arbres majestueux, vrais cette fois, dont beaucoup sont des essences importées en leur temps du Nouveau Monde. Je suis en T-shirt et veste sans manche. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il fait chaud… mais tous ces gens habillés pour faire du trekking dans l’Himalaya me donnent à penser que la jeune génération ne supporte plus grand-chose – à croire qu’elle a été élevée dans du coton. Comment orienter la société vers la décroissance nécessaire, la frugalité – y compris énergétique – assumée, si la race humaine n’est plus que l’ombre frileuse d’elle-même ? Pauvres occidentaux…