Un transporteur livre ce matin la vielle à roue qu’Anita a décidé de louer pour une durée de six mois, le temps de voir si ça vaut la peine de se lancer dans un achat. Il me tarde de voir l’instrument que je compte bien titiller moi aussi – tout système producteur de son m’intéresse a priori, pour les pièces électro-acoustiques que je compose à l’occasion. Anita a pour professeur de vielle Pascal Lefeuvre qui est un des meilleurs instrumentistes actuels, sur le plan international, aussi à l’aise dans la musique médiévale que la musique contemporaine – il a par exemple consacré un CD à Stockhausen ! Au début des années huitante, Lefeuvre était leader du Néo Jazz Trio. En 1986, il fonde Tre Fontane pour explorer surtout le répertoire médiéval – via une dizaine de CD. En 1992 il fonde par ailleurs le Viellistic Orchestra, qui comprend rien moins que huit vielleux, une contrebasse et des percussions – cinq CDs à découvrir. Je pense que je vais adorer utiliser une vielle un peu à la manière d’un violoncelle, pour de belles tenues bien charnues – voire des nappes en combinant plusieurs pistes. A ce sujet, j’ai repéré un violoncelle chez un brocanteur du coin. Le rebord de la table d’harmonie et du fond est cassé à plusieurs endroits et il manque une corde. La caisse ne présente aucune fente et le manche me semble bien conservé. J’hésite car il coûte tout de même cent soixante-dix euros et mon luthier n’intervient pas sur ce type d’instruments. En même temps, un violoncelle neuf d’entrée de gamme vaut sans doute bien davantage. Hum… je crois que je me sens davantage musicien qu’écrivain, ces jours-ci. Je vais aller apporter la vielle à Bordeaux ce soir.