Belle journée mise à profit pour tailler les deux pommiers et le poirier qui poussent près du chalet. Plantés par mon père quand j'étais gamin, ces arbres ont été laissés quasiment à l'abandon pendant des années et ils sont totalement informes. L'un des pommiers a même été couché au sol par la fameuse tempête de fin du millénaire - de nombreux arbres du domaine avaient été détruits cette nuit-là, de triste mémoire. Plusieurs branches de ce pommier se sont redressées au fil du temps, lui conférant une allure plus qu'improbable. Des petites pommes y poussent à l'occasion, qui font le régal des guêpes qui les creusent et les dévorent de l'intérieur. Il va falloir tailler sévèrement - et sans grand espoir de voir l'arbre reprendre une forme, mais tant pis ! Il en faut davantage pour que je me résigne à couper un arbre. L'an dernier, par manque de temps, j'avais seulement taillé l'autre pommier - supprimant une partie des branches les plus basses ainsi que toutes les coursonnes qui poussaient au centre de la tête, afin d'y faire entrer un peu de soleil. L'intervention eut pour conséquence heureuse de voir l'arbre produire des fruits en nombre réduit, mais plus gros et de meilleure allure. Rester à supprimer une autre branche charpentière, bien trop basse, et à éliminer d'autres coursonnes qui poussent vers l'intérieur. Quant au poirier, son tronc principal est à moitié bouffé par je ne sais quelles bestioles. La coupe d'une charpentière révèle que le cœur est à moitié pourri. Il n'y a rien d'autre à faire que couper l'arbre au ras du sol. Heureusement, il y a deux rejets bien développés et à l'apparence bien saine, à l'écart de la souche. Il me restera à tenter de palisser le plus jeune et à tailler le plus vigoureux qui dépasse déjà les trois mètres cinquante - mais il a jailli entre les branches de l'arbre principal et a donc poussé tout en hauteur, sans développer de branches latérales ; je ne vois pas comment le tailler cette année, si ce n'est rabattre la pointe d'un bon mètre. Affaire à suivre, l'an prochain.